ARZNER DOROTHY (1897?- 1979)

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La cinéaste américaine Dorothy Arzner fut la seule femme à diriger des longs-métrages dans les studios d'Hollywood dans les années 1930. De 1927 à 1943, elle réalisa ainsi dix-sept films, dont Christopher Strong (1933, La Phalène d'argent) et Dance, Girl, Dance (1940), deux œuvres qui ont marqué le cinéma féministe.

Née à San Francisco, Dorothy Arzner grandit à Los Angeles, dans le quartier de Hollywood, où sa famille possède un restaurant fréquenté par des acteurs de cinéma et des réalisateurs. Sortie diplômée du lycée en 1915, elle étudie la médecine pendant deux ans à l'université de Californie du Sud, mais, déçue par ce métier, abandonne la formation et se fait recruter comme dactylographe par la société Famous Players-Lasky Corporation, la future firme Paramount Pictures.

Dorothy Arzner s'élève rapidement dans la hiérarchie : après avoir tapé des scénarios à la machine, elle passe au montage de films. En 1922, elle a ainsi déjà préparé cinquante-deux films pour Realart Studio, une filiale de la Paramount. La même année, elle fait bonne impression sur les dirigeants de la Paramount grâce à l'originalité avec laquelle elle monte Blood and Sand (Arènes sanglantes), en particulier les scènes de tauromachie jouées par Rudolph Valentino. Après avoir travaillé comme monteuse et scénariste pour le réalisateur James Cruze au milieu des années 1920, Dorothy Arzner négocie avec la Paramount afin de diriger son premier long-métrage, Fashions for Women, qui sort dans les salles en 1927. Deux ans plus tard, elle réalise le premier film parlant du studio, The Wild Party (1929, Les Endiablées). Elle crée à cette occasion le microperche, qui permet de suivre les acteurs sur la scène du tournage tout en restant hors du champ de la caméra. Cette invention donne aux acteurs une mobilité que leur interdisaient les micros fixes. Le film innove également en choisissant non pas d'évoquer une histoire d'amour classique mais de mettre l'accent sur l'amitié et la camaraderie entre femmes.

Dans les années 1930, Dorothy Arzner demeure la seule réalisatrice des studios hollywoodiens. Ses films montrent des protagonistes indépendantes, au caractère marqué, allant à l'encontre des stéréotypes. La cinéaste laissera ainsi quelques œuvres marquantes. Christopher Strong, dans lequel Katharine Hepburn incarne une aviatrice qui tombe amoureuse d'un homme marié, brosse de fait un portrait captivant d'une femme vivant en marge des conventions sociales. Dance, Girl, Dance offre quant à lui un regard sans complaisance sur le monde du burlesque, où Lucille Ball interprète une strip-teaseuse donnant la réplique à Maureen O'Hara, qui tient le rôle d'une jeune ballerine. Avec Craig's Wife (1936, L'Obsession de Mme Craig), adaptation d'une pièce populaire de George Kelly, Dorothy Arzner concentre l'attention sur la figure centrale, froide et dominatrice. Les féministes contemporaines y voient une mise en accusation de la société qui cantonne les épouses dans leur rôle domestique. Dans le dernier film de la cinéaste, First Comes Courage (1943, Duel dans la nuit), Merle Oberon tient le rôle d'une espionne norvégienne pendant l'occupation allemande.

Victime d'une crise de pneumonie pendant le tournage de First Comes Courage, Dorothy Arzner se retire de la réalisation cinématographique et inaugure le premier cours en la matière au théâtre californien Pasadena Playhouse. Elle dirige des films visant à former les brigades féminines du Women's Army Corps pendant la Seconde Guerre mondiale et, dans les années 1950, réalise une cinquantaine de publicités pour la marque Pepsi Cola, à la demande de son amie Joan Crawford (alors membre du conseil d'administration de la firme). Dorothy Arzner enseigne également à l'université de Californie, sur le campus de Los Angeles, pendant quatre ans durant la décennie 1960. Récompensée par la Directors Guild of America en 1975, elle s'éteint le 1er octobre 1979 à La Quinta, en Californie.

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« ARZNER DOROTHY (1897?- 1979) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dorothy-arzner/