DOLOMIEU DIEUDONNÉ DE GRATET DE (1750-1801)

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Géologue dauphinois, Dolomieu a donné son nom aux Dolomites, dans le Trentin. Issu d'une vieille famille dauphinoise, cadet de dix enfants, il est admis, dès l'âge de deux ans, au titre de chevalier de Malte. Son enfance s'écoule près de la nature, dans son Dauphiné natal qu'il doit quitter, à la suite d'un duel, pour se réfugier à Paris, où s'affirment son goût et sa vocation pour les sciences naturelles.

Après de multiples péripéties dans l'île de Malte, de retour en France, il entre en garnison, à Metz, et suit des cours de physique et de chimie, qui auront une grande influence sur l'orientation de sa carrière scientifique. Dans cette même ville, il rencontre La Rochefoucauld qui l'orientera vers la minéralogie. Ses premiers mémoires traitent de géochimie : Formation des silex de la craie ; Nitrification, altération superficielle des minerais bretons.

En 1775, Dolomieu publie son premier travail sur la pesanteur des corps, résultat d'observations faites aux mines de Bretagne. L'année suivante, il prépare une exploration géologique en Sicile et à Malte qu'il veut transformer en base pour les expéditions qu'il projette de faire. En 1778, il part en expédition au Portugal et il trouve près de Lisbonne des traces d'activité volcanique ; cette observation décide définitivement de sa carrière de géologue. Il est alors attaché comme correspondant à l'Académie des sciences.

Il est bientôt rayé des cadres de l'ordre de Malte et quitte définitivement le service actif ; il se lance à corps perdu dans l'exploration de la Sicile et des Pyrénées, où il découvre les gîtes minéraux de la vallée de Barèges.

Il s'intéresse aussi beaucoup à la volcanologie et, dans la querelle scientifique qui agite alors l'époque, il se place du côté des vulcanistes (qui attachent une origine ignée aux laves) contre Werner (qui imagine une origine aqueuse). C'est à Dolomieu que nous devons les premières descriptions correctes des salses, si nombreux en Sicile occidentale.

En 1783, il publie les résultats de son voyage à Lipari, où l'on trouve de nombreuses descriptions correctes de phénomènes volcaniques. Il a abondamment décrit les produits de projection volcanique et, en 1788, alors que sa vie privée est très agitée, il publie des mémoires sur les ponces et un catalogue sur les produits volcaniques de l'Etna.

De cette période ressort son mémoire de prédilection, Distribution méthodique de toutes les matières dont l'accumulation forme les montagnes volcaniques, où il jette les bases des classifications modernes des laves, qui utilisent comme critères la nature de la pâte et ses rapports avec les porphyroblastes.

De toute sa vie aventureuse et de ses voyages, Dolomieu ramène une collection minéralogique prodigieuse, qui sera répartie, à sa mort, entre l'École des mines et le Muséum d'histoire naturelle de Paris. Révolutionnaire ardent, il est très vite écœuré par les massacres de Septembre et, malgré des conditions précaires, il continue de travailler, avec cette ardeur qui le galvanise pendant les périodes difficiles. En 1791, il met en évidence, dans le Trentin, la nature chimique des dolomies.

Sa réputation scientifique ne cesse de croître et il est désigné, en 1794, comme professeur aux écoles centrales de la Convention, puis, en 1795, il est nommé inspecteur du corps des Mines, où l'enseignement de la géologie et de la minéralogie lui est aussi confié.

Dolomieu, amené à effectuer de nombreux voyages en tant qu'ingénieur des mines, va concevoir, au cours d'une de ses expéditions, dès 1794, une théorie sur la structure des Alpes, qui le classera, par la suite, parmi les précurseurs des idées modernes sur la formation des chaînes de montagnes. Dolomieu est appelé, un peu plus tard, à participer à l'expédition de Bonaparte en Égypte, à la suite de laquelle il sera capturé ; emprisonné à Messine, il aura l'énergie d'écrire, avec des moyens de fortune, son dernier ouvrage, Sur la philosophie minéralogique et sur l'espèce minérale, qui paraîtra l'année même de sa mort à son retour en France (1801).

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Dans le chapitre « Dolomite »  : […] Le chimiste Dolomieu (1750-1801) décrivit les premiers gisements de roches dolomitiques et donna leurs caractéristiques. La symétrie de la dolomite, plus faible que celle de la calcite, consiste en un axe A 3 et un centre de symétrie. Cela est dû au fait que les plans de cations perpendiculaires à A 3 sont peuplés alternativement d'ions calcium et magnésium. Les cristaux ont souvent la forme du r […] Lire la suite

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Myriam COHEN, « DOLOMIEU DIEUDONNÉ DE GRATET DE - (1750-1801) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dolomieu-dieudonne-de-gratet-de/