PRIGOV DMITRI ALEXANDROVITCH (1940-2007)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Poète et artiste russe. Né le 5 novembre 1940 à Moscou, Dmitri Alexandrovitch Prigov est, avec Lev Rubinstein, Vsevolod Nekrassov et Ilya Kabakov, l'un des principaux membres de l'avant-garde artistique russe et du mouvement conceptualiste de Moscou dans les années 1970-1980. Parallèlement à ses études de sculpture à l'Institut d'art Stroganov à Moscou, il commence à écrire des textes qui se montrent subversifs à l'égard du réalisme social et s'inscrivent pour la plupart dans des cycles thématiques, dont le plus célèbre est L'Apothéose du Flic. Pendant de nombreuses années, Prigov publie ses œuvres clandestinement en Union soviétique grâce au samizdat, sous la forme de manuscrits dactylographiés, et ouvertement à l'étranger. En raison de ses travaux considérés comme subversifs pour les autorités, il est interné dans un asile psychiatrique en 1986, mais obtient rapidement sa libération à la suite d'une forte campagne de soutien en sa faveur. Son premier recueil de poésie ne paraîtra officiellement dans son pays natal qu'en 1990. Outre les quelque trente mille poèmes qu'il compose, souvent très courts et incisifs, Prigov rédige des pièces et des essais. Parmi les rares œuvres traduites en français, citons « Quand le milicien, debout, monte la garde » (paru dans la revue Autrement en 1989), Les Fauves de la vie (1994, bilingue) et Moscou est ce qu'elle est (2005). Cherchant à abolir les frontières entre les genres, il mêle aussi les mots à des actions visuelles dans des installations ainsi que dans des performances artistiques et des vidéos. Il participe à de nombreuses expositions, comme la rétrospective de ses œuvres Dmitrij Prigar 1975-1995 présentée au musée d'Art moderne de Saint-Étienne, à Mülheim an der Ruhr en Allemagne et à Budapest. Auteur prolixe, Dmitri Prigov obtient de multiples récompenses, dont le prix Pouchkine en 1993. Il s'éteint le 16 juillet 2007 à Moscou.

—  Universalis

Classification

Autres références

«  PRIGOV DMITRI ALEXANDROVITCH (1940-2007)  » est également traité dans :

RUSSIE (Arts et culture) - La littérature

  • Écrit par 
  • Michel AUCOUTURIER, 
  • Marie-Christine AUTANT-MATHIEU, 
  • Hélène HENRY, 
  • Hélène MÉLAT, 
  • Georges NIVAT
  •  • 25 101 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « La parole du « souterrain » »  : […] À Leningrad se dessine un mouvement analogue, avec l’objectif explicite de renouer avec une tradition de haute poésie. Iossip Brodski (1940-1996) érige en référence Mandelstam, Akhmatova, Tsvetaieva. Alexandre Kouchner pratique une poésie intimiste néoacméiste. Trop tôt disparu, Leonid Aronzon (1939-1970) laisse une œuvre singulière, extatique et minimaliste. C'est à Leningrad que l'opposition ent […] Lire la suite

Pour citer l’article

« PRIGOV DMITRI ALEXANDROVITCH - (1940-2007) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dmitri-alexandrovitch-prigov/