DEEP BLUE, superordinateur

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Le défi de l’intelligence artificielle

Dès les débuts de l’informatique, des chercheurs comme Alan Turing (1912-1954) ont envisagé la possibilité pour un ordinateur de jouer aux échecs, comme test d’intelligence de la machine. Dans les années 1950, la mise au point d’une méthode mathématique améliorant l’algorithme minimax de recherche du meilleur coup a constitué un progrès. En 1962 ont été présentés, au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et en URSS, des programmes capables de jouer une partie crédible. Très optimistes, certains chercheurs ont alors prédit qu’un ordinateur deviendrait rapidement champion du monde. N’y croyant pas, le Britannique David Levy, un des maîtres internationaux du jeu d’échecs, parie en 1968 que, pendant dix ans, aucun programme ne remportera de match contre lui. Pari gagné en 1978 lorsqu’il bat Chess 4.7, le meilleur programme informatique de l’époque, avec un score de 4,5 à 1,5. Le match fait cependant sensation car la défaite du maître à la quatrième partie constitue une première. Les progrès s’enchaînent ensuite avec la commercialisation de logiciels d’échecs fonctionnant sur du matériel dédié, puis sur micro-ordinateurs.

La première victoire d’une machine contre un champion du monde d’échecs dans les conditions normales d’un tournoi est remportée en mai 1997 lorsque Deep Blue bat (3,5 à 2,5) Garry Kasparov lors d’un match en six parties. L’année précédente, Kasparov avait gagné 4 à 2 face au superordinateur, dont IBM a ensuite doublé la puissance de calcul et perfectionné le logiciel pour cette seconde rencontre. Kasparov n’obtiendra pas l’organisation d’un troisième match (la « belle ») : ayant consacré 10 millions de dollars à développer cette machine, IBM a recueilli la publicité désirée et arrête tout développement dans ce domaine.

Garry Kasparov et Deep Blue

Garry Kasparov et Deep Blue

Photographie

Le 11 mai 1997, les amateurs d’échecs suivent à la télévision la sixième partie du match opposant Garry Kasparov, champion du monde d’échecs, et Deep Blue, superordinateur développé par IBM. La tête dans les mains, Kasparov est en grande difficulté et s’incline finalement devant la... 

Crédits : Stan Honda/ AFP

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Avec la victoire de Deep Blue, l’intelligence artificielle semble rattraper l’esprit humain dans un jeu considéré depuis toujours comme exigeant de hautes capacités intellectuelles. L’importance symbolique de ce match inspirera deux films documentaires : [...]


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  • Jean-Gabriel GANASCIA
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Dans le chapitre « Applications de l’intelligence artificielle »  : […] Beaucoup de réalisations mettant à profit des techniques d’intelligence artificielle dépassent les facultés humaines. Ainsi, l’ordinateur Deep Blue a vaincu en 1997 le Russe Garry Kasparov , alors champion du monde en titre au jeu d’échecs. Depuis, d’autres machines l’ont emporté sur l’un des meilleurs joueurs de go au monde – le Sud-Coréen Lee Sedol (2016) – et sur d’excellents joueurs de poker ( […] Lire la suite

KASPAROV GARRY (1963- )

  • Écrit par 
  • Pierre BARTHÉLÉMY
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Champion d'échecs russe, considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de tous les temps. Lorsqu'il naît le 13 avril 1963 à Bakou, dans ce qui est alors la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan, Garry Kasparov s'appelle Weinstein. Son père est juif, sa mère arménienne et tous deux aiment les échecs, sport national en U.R.S.S. La légende raconte que le petit Garry apprend à jouer avant s […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Pierre MOUNIER-KUHN, « DEEP BLUE, superordinateur », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/deep-blue-superordinateur/