DÉCOUVERTE DU PREMIER ASTÉROÏDE

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Dans son Mysterium cosmographicum, publié en 1596, Kepler remarque déjà, entre les orbites de Mars et de Jupiter, l'existence d'un « vide » dans le système solaire schématisé par un emboîtement de sphères et de polyèdres réguliers. D'après la loi empirique, dite de Titius-Bode, proposée par Johann Daniel Titius en 1766, popularisée par Johann Elert Bode en 1772 et « confirmée » par la découverte d'Uranus en 1781, les distances des planètes au Soleil suivent une progression géométrique qui implique qu'une planète, jamais observée, aurait dû graviter entre les orbites respectives de Mars et de Jupiter. Dans la nuit du 1er janvier 1801, l'astronome italien Giuseppe Piazzi (1746-1826), qui établissait un nouveau catalogue d'étoiles à l'observatoire de Palerme, en Sicile, découvre par hasard un objet qui n'est mentionné dans aucun catalogue et qui ne figure sur aucune carte du ciel. En étudiant son déplacement jusqu'au 11 février, il conclut qu'il s'agit d'une petite planète. Mais les observations vont bientôt être rendues impossibles par le rapprochement apparent du Soleil et de l'objet, que Piazzi ne pourra retrouver. Il l'a baptisé Cerere Ferdinandea, en l'honneur de Cérès, déesse tutélaire de la Sicile, et de son souverain, Ferdinand IV, roi de Naples. C'est grâce au perfectionnement du calcul des orbites par Carl Friedrich Gauss que la petite planète sera retrouvée par Franz Xaver von Zach à la fin de 1801. Cérès se trouve bien entre les orbites de Mars et de Jupiter. Sa découverte va être suivie de celles de nombreuses autres petites planètes, que William Herschel propose en mai 1802 d'appeler astéroïdes : Pallas (par Heinrich Wilhelm Olbers, le 28 mars 1802), Junon (par Carl Ludwig Harding, le 1er septembre 1804), Vesta (à nouveau par Olbers, le 29 mars 1807) ; il faudra ensuite attendre le 8 décembre 1845 pour qu'un cinquième astéroïde, Astrea, soit découvert, par Karl Hencke. La théorie d'Olbers selon laquelle les astéroïdes résulteraient de l'explosion d'une planète unique a été abandonnée. On considère maintenant que les astéroïdes sont les restes d'une planète « avortée » qui n'a pu, comme les autres planètes, grossir en capturant les embryons qui constituaient le disque dont s'est formé le système solaire. L'effet gravitationnel des grosses planètes qui se sont formées tôt a dispersé ces embryons.

—  James LEQUEUX

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James LEQUEUX, « DÉCOUVERTE DU PREMIER ASTÉROÏDE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/decouverte-du-premier-asteroide/