CYSTICERCOSES

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Ce sont des parasitoses dues au développement des larves dites « cysticerques » de certains ténias. Le cysticerque, forme « simple », peut être considéré comme le point de départ d'une série de larves de structure de plus en plus complexe : cysticercoïde, cénure, hydatide.

Le cycle évolutif commence par l'élimination et la dispersion dans le milieu extérieur, avec les fèces des carnivores, hôtes définitifs, des œufs du ténia. Ce sont en fait des embryophores immédiatement contaminants, dont la coque externe protège contre les agents climatiques un embryon pourvu de six crochets larvaires provisoires (embryon hexacanthe). Lorsque cet « œuf » est avalé avec les végétaux souillés et parvient dans le tube digestif de l'herbivore, hôte intermédiaire, l'embryon est libéré après dissolution de la coque par les enzymes digestives. Il traverse la paroi et passe dans le sang qui peut le véhiculer dans tout l'organisme (très plastique, il peut s'étirer jusqu'à réduire son diamètre à celui d'une hématie). Généralement il s'arrête dans le tissu conjonctif, perd ses crochets larvaires et devient une petite sphère translucide dont le centre est occupé par une vésicule remplie de liquide clair. En quelques semaines, la paroi va bourgeonner et former la partie antérieure, en particulier la tête ou scolex, du futur ténia adulte. L'intense activité cellulaire initiale cesse alors et ce cysticerque mûr entre en vie ralentie, parfois pour plusieurs années, attendant que l'herbivore soit la proie du carnivore qui sera l'hôte définitif. Lorsque cet événement se produit, la larve, libérée au cours de la digestion, se fixe à la paroi intestinale du prédateur et croît très rapidement pour devenir un ténia adulte qui commence à pondre quelques semaines après le repas contaminateur.

Plusieurs espèces de ténias peuvent se rencontrer chez l'homme sous forme de larves cysticerques dans les muscles, le tissu cellulaire sous-cutané, et surtout le système nerveux central où leur présence peut déterminer des troubles graves simulant une tumeur cérébrale. Dans les régions à hygiène rudimentaire et où l'on consomme de la viande de porc peu ou pas cuite, l'homme peut héberger dans son intestin le Taenia solium adulte dont il est alors l'hôte définitif. Mais il peut aussi être porteur des larves cysticerques de ce même ténia (ladrerie) et donc en être l'hôte intermédiaire. La contamination se fait ici, soit par ingestion des œufs du ténia avec les fruits et légumes souillés par les fèces du porc, soit par auto-infestation (les anneaux mûrs détachés dans l'intestin remontent dans l'estomac où ils sont digérés, libérant ainsi des milliers d'embryons hexacanthes qui vont se disperser dans tout l'organisme). Cette parasitose n'est souvent décelée que lors d'un examen radiologique qui montre les cysticerques morts calcifiés comme si le sujet était truffé de grains de plomb.

Les larves des Hymenolepis, transmises accidentellement à l'homme avec les insectes qui vivent dans la farine, sont dites « cysticercoïdes ». Le même sujet peut, en même temps, héberger les adultes dans son intestin et les cysticercoïdes dans sa muqueuse intestinale. Dans les exemples qui précèdent, un seul œuf donne une seule larve qui donnera un seul adulte mais, afin de pallier l'immense mortalité des œufs et des larves, d'autres ténias sont capables de se multiplier sous forme larvaire, ce qui constitue un phénomène de polyembryonie.

Les larves de Multiceps forment des « boules d'eau » chez les herbivores qui sont leurs hôtes intermédiaires. Dans cette boule, la paroi a bourgeonné plusieurs dizaines de scolex. Donc, à partir d'un seul œuf, ce seront plusieurs dizaines de ténias adultes qui se développeront dans l'intestin du carnivore lorsqu'il dévorera ce kyste, appelé « cénure ».

Le perfectionnement ultime se voit avec les larves « hydatides » des Echinococcus, dont la taille peut dépasser celle d'un ballon de basket-ball et qui contiennent plusieurs milliers de scolex.

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Écrit par :

  • : professeur à la faculté de médecine de Paris-Saint-Antoine, université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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Pour citer l’article

Yves GOLVAN, « CYSTICERCOSES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cysticercoses/