TAIRONA CULTURE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La culture Tairona s'est développée en Colombie, sur les versants nord et nord-est de la sierra Nevada de Santa Marta et dans la plaine littorale voisine. De 500 à 700, la phase Nahuange (ou Neguange) se limite au littoral. Elle est caractérisée par une architecture de pierre, une orfèvrerie en tumbaga (alliage d'or et de cuivre), des ornements en pierre polie et une poterie rouge sur fond crème ou monochrome. Des objets d'orfèvrerie coulés à la cire perdue suggèrent l'existence d'échanges avec les cultures voisines Sinú et San Jorge. Des échanges ont pu se faire aussi avec la Mésoamérique, en particulier le Costa Rica.

Pendant la seconde moitié du Ier millénaire après J.-C., la colonisation de la Sierra s'accentue. Vers 1100, la culture Tairona occupe surtout la Sierra bien qu'il subsiste encore quelques établissements côtiers importants. À partir de 1976, on a découvert plus de 400 cités enfouies dans la sierra Nevada, souvent englouties par la végétation, comme Buritaca 200, la « Ciudad Perdida ». L'architecture montre un souci de lutter contre l'érosion due aux pluies tropicales : terrasses et terre-pleins, drainages et chemins empierrés protégeaient les sols qui, sans couvert végétal, auraient été détruits par les eaux. La céramique trouvée dans les tombes est décorée d'incisions linéaires ou d'éléments figuratifs modelés ou appliqués. Cette phase dure jusqu'à la Conquête et même au-delà puisque les Tairona résistèrent aux Espagnols jusqu'à la fin du xviie siècle. (Dans certains sites tardifs on a d'ailleurs trouvé des objets en métaux ferreux accompagnant des objets tairona.)

Sur la côte, on a retrouvé de véritables cimetières, comportant des inhumations en urnes funéraires ; dans la Sierra étaient aménagées des sépultures en fosse et des tombes à puits avec chambre latérale. Ces tombes furent l'objet d'innombrables pillages, livrant d'admirables objets en or, en céramique et en pierre finement taillée (dont un grand nombre est conservé au musée de l'Or de Bogotá). Mais, sans contextes connus, il est impossible de mettre en parallèle cet art complexe et les séries d'objets plus simples trouvés au cours des fouilles archéologiques.

Les tribus Kogi, Arhuaco et Ikja perpétuent encore aujourd'hui certains aspects de la culture Tairona, dans la fabrication des bijoux en particulier.

—  Susana MONZON

Écrit par :

Classification


Autres références

«  TAIRONA CULTURE  » est également traité dans :

PRÉCOLOMBIENS - Amérique du Sud

  • Écrit par 
  • Jean-François BOUCHARD, 
  • André DELPUECH, 
  • Danièle LAVALLÉE, 
  • Dominique LEGOUPIL, 
  • Stéphen ROSTAIN
  • , Universalis
  •  • 23 161 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Les proto-États des Andes du Nord »  : […] Dans les Andes du Nord, deux régions ont dépassé le niveau d'organisation des chefferies sub-andines auquel sont demeurés la plupart des groupes préhispaniques jusqu'à la conquête espagnole. Dans le haut plateau du Boyaca, les Muiscas développent un proto-État régi par deux chefs se partageant le pouvoir : le Zipa, dans la région de Bogota au sud, et le Zaque, dans celle de Tunja au nord. Les Mui […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/precolombiens-amerique-du-sud/#i_30828

Pour citer l’article

Susana MONZON, « TAIRONA CULTURE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/culture-tairona/