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GENTILICES CULTES

Propres à certaines gentes, c'est-à-dire à certains clans patriciens, les cultes gentilices doivent être rigoureusement distingués des cultes domestiques qui se célébraient dans le cadre d'une famille au sens étroit du mot et au domicile de cette famille. Les cultes gentilices avaient leurs rites particuliers et leurs sanctuaires. Très archaïques, ils sont en général fort mal connus : on sait, par exemple, que les Fabii avaient un culte annuel célébré sur le Quirinal ; que les Lucretii étaient dépositaires de certains rites guerriers ; que les Horatii pratiquaient le 1er octobre la cérémonie expiatoire dite de la « poutre de la sœur » (tigillum sororium) ; que les Potitii et les Pinarii célébraient le culte d'Hercule à l'Ara Maxima.

La plupart de ces cultes étaient tombés en désuétude à l'époque classique. L'extension de certaines gentes, grossies de clients et d'affranchis, avait fait perdre le sentiment de l'unité primitive du clan qu'exprimait sans doute le culte gentilice ; d'autres gentes, au contraire, s'étaient complètement éteintes. Enfin et surtout, la communauté civique, en particulier depuis la fusion de la plèbe et du patriciat au cours du ~ ive siècle, s'était substituée à la rivalité ancienne des clans dont les cultes privés s'étaient peu à peu effacés devant les manifestations religieuses qui affirmaient l'unité de la cité. Dans le meilleur des cas, certains cultes gentilices furent pris en charge par l'État et devinrent des cultes publics, tel le culte d'Hercule à la fin du ~ ive siècle, en raison de la disparition des gentes, dont il avait été jusque-là l'apanage.

— Jean-Paul BRISSON

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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