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CONTROVERSES SCIENTIFIQUES PUBLIQUES

Se repérer face à l'incertitude

L'histoire, les diverses sociologies des sciences et dans une certaine mesure la philosophie offrent de multiples études, souvent a posteriori, pour restituer des controverses scientifiques. Les approches peuvent être internalistes ou externalistes, selon l'importance qu'on accorde aux questions de contenus scientifiques, plutôt qu'aux facteurs plus périphériques (personnes, réseaux, moyens, argumentaires, facteurs sociaux et contextuels). Il existe d'ailleurs parmi les sociologues des controverses virulentes pour savoir comment apprécier ces divers facteurs et quels poids respectifs leur accorder dans la production et la connaissance scientifiques. Pourtant, si on se tourne vers le futur et ses incertitudes, il pourrait être utile de chercher des modes de restitution des divers éléments entremêlés qui nourrissent la controverse ou y participent : les données et les théories de la « littérature » première issues souvent des revues scientifiques et spécialisées (dans tous les domaines impliqués), leurs reprises et leurs transformations dans la littérature secondaire (médias, argumentaires), les acteurs principaux (personnes, institutions, disciplines, moyens techniques et financiers), les phases ou seuils jalonnant la dynamique de la controverse.

Certaines universités et grandes écoles, en France (École nationale supérieure des mines de Paris) et ailleurs – au Canada (université Laval), aux États-Unis (Harvard) –, font analyser et présenter chaque année par des étudiants des dizaines de controverses scientifiques publiques en cours, par exemple : le réacteur E.P.R. (European Pressurized Reactor), le pic de production pétrolière, les ondes du téléphone mobile ou encore l'introduction de l'algue Caulerpa taxifolia en Méditerranée. Les étudiants s'aident parfois de logiciels de cartographie (Issue Crawler) et construisent des sites Internet, obligés de se risquer à des mises en forme de ce qui est diffus et hétérogène. L'un des intérêts pédagogiques de l'étude approfondie de telles controverses, en plus de la confrontation avec des textes scientifiques et techniques de différentes disciplines et d'une familiarisation au traitement de questions complexes, est un apprentissage pouvant aider à faire face à l'incertitude.

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Écrit par

  • : philosophe, chercheur au centre de recherche Sens, éthique, société, C.N.R.S., université de Paris-V

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • SCIENCES - Sociologie

    • Écrit par Yves GINGRAS
    • 5 557 mots
    • 2 médias
    ...Kuhn autour d'une « sociologie des intérêts » qui vise à expliquer les actions des scientifiques en fonction de leurs intérêts sociaux et cognitifs. Cette approche fait des controverses scientifiques un lieu stratégique de recherche, tout comme les querelles de priorité l'étaient pour les mertoniens....
  • TAMIFLU ou PHOSPHATE D'OSELTAMIVIR

    • Écrit par Gabriel GACHELIN
    • 2 437 mots
    • 1 média
    La controverse a réellement pris forme en 2009. Les observateurs de la Cochrane Collaboration, une institution britannique indépendante dévolue à l'Evidence-Based Medicine (médecine fondée sur les faits), reprenant l'évaluation des essais cliniques, avaient noté que la plupart de ces derniers...

Voir aussi