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CINCINNATI

Située à l’extrême sud-ouest de l’État de l’Ohio, Cincinnati (troisième ville de l’État avec 299 000 habitants, mais principale aire métropolitaine avec 2 165 000 habitants en 2016) doit son destin à sa situation sur la rive nord de l’Ohio, qu’elle enjambe pour s’étaler également au sud, dans le Kentucky. Elle constitue en quelque sorte un trait d’union entre le Sud et le Nord, un rôle qui a marqué l’histoire de son développement.

États-Unis : carte administrative - crédits : Encyclopædia Universalis France

États-Unis : carte administrative

Cincinnati, États-Unis - crédits : Joseph Sohm/ Shutterstock

Cincinnati, États-Unis

Cincinnati doit son existence à des spéculateurs fonciers venus de l’Est, et notamment John Cleves Symmes, qui saisissent l’opportunité des premiers déplacements de la « frontière » vers l’Ouest pour fonder de nouvelles villes, dans ce Midwest encore peuplé par les Amérindiens. En 1788, ils installent un premier poste, rapidement protégé par un fort défensif, dans cette petite plaine entourée des collines fertiles du Bluegrass, à la confluence des rivières Licking, Miami et Ohio.

D’abord appelée Losantiville, la ville est renommée par le gouverneur Arthur St. Clair, en référence à la société patriotique des Cincinnati, fondée par George Washington, que l’on comparait volontiers à l’homme politique romain Cincinnatus. Son plan en damier parfait, dessiné en 1815, témoigne de cette période de colonisation systématique du Midwest et vaut à la ville d’être perçue comme la première ville « américaine », car non dessinée par les Européens.

Malgré des débuts difficiles, notamment en raison de l’insécurité due aux menaces des Amérindiens shawnee, la ville croît rapidement autour de ses entrepôts sur l’Ohio, qui permet l’approvisionnement et le commerce entre les villes de l’Est et l’Ouest naissant. En 1820, elle compte 10 000 habitants. Cette croissance est soutenue par la création de son université et par les débuts des bateaux à vapeur, qui rejoignent d’abord Pittsburgh et l’Est, puis La Nouvelle-Orléans, par l’Ohio et le Mississippi. L’ouverture, en 1825, du canal Miami-Érié qui, à partir de 1840, rejoint Toledo et les Grands Lacs, complète ce réseau, qui permet l’exportation des productions agricoles régionales, et notamment le porc. Surnommée Porkopolis, Cincinnati, avec ses voies navigables, s’impose en effet comme le centre américain de transformation de la viande de porc, avant qu’elle ne soit supplantée, dans la seconde moitié du xixe siècle, par Chicago et ses voies ferrées.

Le dynamisme de la ville attire des colons allemands et irlandais qui, pour la plupart, se sont battus pendant la guerre d’indépendance et y ont obtenu des terres. Ils marquent de leur empreinte le paysage culturel de la ville. Les Noirs sont également très présents dans l’histoire de la cité : de l’autre côté du pont, le Kentucky est un État esclavagiste, contrairement à l’Ohio. Cincinnati devient ainsi un centre de diffusion de la propagande antiesclavagiste, tandis que de nombreux esclaves fugitifs y trouvent refuge, après avoir emprunté le « chemin de fer clandestin » (Underground Railroad), une épopée dont Harriet Beecher-Stowe, qui a longtemps vécu à Cincinnati, s’est inspirée dans La Case de l’oncle Tom(1852). Cette cohabitation des différents groupes ethniques se fait parfois dans la violence, d’abord par des conflits entre populations pauvres (Irlandais et Noirs, en 1829), entre Blancs et Noirs plus généralement (1836, 1842), sans compter les luttes entre abolitionnistes et partisans de l’esclavage.

Malgré ces tensions raciales, la ville profite de ses atouts en termes de transport et diversifie ses activités tout au long du xixe siècle vers la production d’acier, le textile et les scieries. Elle rivalise en richesse et en taille avec les plus grandes villes de l’Est et compte 115 000 habitants en 1850 (alors 6e plus grande ville américaine) et 300 000 en 1890.

Cincinnati, Ohio - crédits : SuperStock/ Age Fotostock

Cincinnati, Ohio

Au tournant du xxe siècle, tandis que le rail prend le dessus[...]

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Laurent VERMEERSCH. CINCINNATI [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 20/02/2018

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Cincinnati, États-Unis - crédits : Joseph Sohm/ Shutterstock

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