CAO YU ou CAOYU [TS'AO-YU] (1905-1996)

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La nécessité du changement

Quoique n'étant pas communiste (il ne le deviendra qu'en 1956), Cao Yu est, dès la veille de la guerre, visiblement conscient des transformations que son pays doit subir. Les trois pièces qu'il compose pendant et juste après le conflit le prouvent chacune à sa façon. La première, La Métamorphose (Tuibian), a un titre qui ne prête pas à équivoque. Grâce à l'action énergique de l'inspecteur Liang et de la doctoresse Ding, un hôpital qui ne fonctionnait plus en raison de la corruption et de l'inertie de ses administrateurs est complètement réorganisé et peut ainsi répondre aux besoins du pays en soignant les blessés qui affluent du front.

La troisième pièce, Le Pont (Qiao), montre de même les efforts d'un industriel, Shen Zhefu, et de son fils, l'ingénieur Shen Chengcan, pour assurer une production d'acier d'une qualité suffisante malgré les obstacles nombreux qu'ils rencontrent dans les milieux financiers et gouvernementaux. Entre ces deux œuvres, qui mettent directement en cause les autorités nationalistes, L'Homme de Pékin (Beijing ren) semble un peu en retrait : le drame décrit le déclin d'une vieille famille pékinoise, les Zeng, dont aucune des trois générations n'est capable d'assurer la subsistance et où le bonheur de chacun est ruiné par la morale traditionnelle et les mariages arrangés. En réalité, c'est là aussi un thème important, que Cao Yu a repris en 1941 en adaptant pour la scène La Famille (Jia), le chef-d'œuvre de Ba Jin.

Après la guerre, Cao Yu se rend aux États-Unis en compagnie de Lao She, invité comme lui par le State Department. Il y rencontre Bertolt Brecht, mais ne prolonge pas son séjour. Il rentre à Shanghai, où il réalise un film, Une journée lumineuse (Yanyangtian), dont le personnage principal, un avocat en lutte contre le Guomindang, est incarné par le célèbre acteur Shi Hui. Le régime communiste, aussitôt installé au pouvoir, récompensera le dramaturge progressiste en lui confiant d'importantes responsabilités, qu'il perdra pendant la révolution culturelle mais pour [...]


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Écrit par :

  • : professeur de littérature chinoise à l'université de Paris-VII

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Pour citer l’article

Paul BADY, « CAO YU ou CAOYU [TS'AO-YU] (1905-1996) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cao-caoyu/