CAMALDULES

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Membres d'un ordre religieux qui eut pour origine la fondation d'un ermitage à Camaldoli, dans la haute vallée de l'Arno, en Toscane, vers 1023, et qui constitue une des plus durables réalisations, avec la Chartreuse et Grandmont, du puissant courant érémitique dont les manifestations furent nombreuses au xie et au xiie siècle.

Originaire de Ravenne, le fondateur des Camaldules, saint Romuald (mort en 1027), moine depuis 973 ou 974, avait déjà derrière lui une longue expérience de vie érémitique avec plusieurs compagnons, notamment Benoît de Bénévent et Bruno de Querfurt. Son ermitage de Camaldoli se développa par essaimage ; neuf groupements d'ermites existaient déjà, en 1072, lorsque le pape Alexandre II, par quelques privilèges, donna consistance à la congrégation naissante ; celle-ci obtint sa pleine autonomie, sous la règle de saint Benoît, en 1123.

Le premier coutumier ne fut rédigé qu'après la mort de Romuald, par le bienheureux Rodolphe (mort en 1089). Assez rapidement d'ailleurs, des divergences se manifestèrent parmi les disciples sur la manière d'ajuster institutionnellement érémitisme et cénobitisme, solitude et vie commune. Cela explique, pour une part, la formation au cours des siècles de plusieurs congrégations camaldules indépendantes les unes des autres. Depuis 1935, elles se ramènent à deux : la congrégation des moines-ermites camaldules, dont le centre est toujours l'ermitage de Camaldoli, qui s'est ralliée aux Bénédictins confédérés et compte dans les années 1990 cent dix membres répartis en neuf maisons, et la congrégation de Monte Corona (ermitage proche de Pérouse), fondée au début du xvie siècle par un humaniste vénitien, le bienheureux Paul Justiniani (1476-1528), qui a une règle s'apparentant à celles des Chartreux et compte quatre-vingt-dix-huit moines occupant neuf maisons.

La vie des cénobites camaldules s'ordonne selon la règle de saint Benoît ; celle des solitaires s'apparente à celle des Chartreux. Quelques camaldules ont laissé un nom dans l'histoire littéraire ou scientifique : l'humaniste Ambroise Traversari (mort en 1439), un des plus notables théologiens latins au concile de Florence ; l'éditeur du Tasse, Boniface Collina (1689-1770) ; le mathématicien Guido Grandi (1671-1742). Le pape Grégoire XVI (1831-1846) était aussi un moine camaldule.

—  André DUVAL

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André DUVAL, « CAMALDULES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/camaldules/