FERNEYHOUGH BRIAN (1943- )

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Compositeur britannique né à Coventry le 16 janvier 1943, Brian Ferneyhough reçoit une première éducation musicale populaire, nourrie au folklore (il participe en tant qu'instrumentiste à des orchestres de fanfares, ou brass bands). Étudiant à l'école de musique de Birmingham (1961-1963), il décide de se consacrer à la composition et de poursuivre ses études à la Royal Academy of Music de Londres (1966-1967), où il suit aussi des cours de direction d'orchestre. En 1968, il parfait ses connaissances avec le compositeur Lennox Berkeley avant de suivre à Amsterdam un stage avec Ton de Leeuw et de se placer, de 1969 à 1971, à l'Académie de Bâle, sous la férule de Klaus Huber, dont il devient bientôt l'assistant comme professeur de composition à la Musikhochschule de Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne (1973-1986). Il enseigne la composition au Conservatoire royal de La Haye (1986-1987), puis à l'université de Californie à San Diego (1987-1999). Nommé professeur à l’université Stanford en 2000, il reçoit en 2007, le prestigieux prix Ernst von Siemens. Brian Ferneyhough donne par ailleurs de nombreux master classes à travers le monde : à la Civica Scuola di Musica de Milan (1984-1987), au Conservatoire de Paris, à l'I.R.C.A.M., ainsi que dans des universités britanniques (Oxford, Cambridge, Durham) et nord-américaines.

Ses premières pièces, violemment expressionnistes, sont caractérisées par une propension inflationniste quant à la virtuosité requise pour leur exécution et dont témoignent les extraordinaires quarante minutes d'âcre polyphonie des Sonatas, pour quatuor à cordes, datées de 1967, mais qui ne seront créées qu'en mars 1975, au festival de Royan. Citons encore Prometheus, pour sextuor à vent (1967), Epicycle, pour vingt cordes solistes (1968, créé en 1974) ou la Missa brevis, pour douze voix solistes a cappella (1969, créée en 1974).

Ferneyhough est révélé au public et à la critique en mars 1974, au festival de Royan, avec Cassandra's Dream Song (composée en 1970), une œuvre pour flûte solo réputée injouable et que le compositeur avait, pour cette raison, laissée dans ses tiroirs quatre années durant. Pierre-Yves Artaud, qui en assure la création, déclare à son sujet : « Pour la première fois, il me fallait travailler une partition pour flûte solo non plus seulement dans sa dimension horizontale mais également dans son épaisseur verticale. [...] Il me fallait travailler sur l'épaisseur du son, tel un sculpteur opérant dans un temps psychologiquement distendu. » À quoi il ajoutait : « L'exécution intégrale d'une telle partition est une utopie. Il est sans doute également impossible d'entendre tout ce qui est joué mais on peut, sur ce plan, améliorer la perception d'une telle pièce ; par contre, du côté de l'exécution, on ne progressera guère. Cela n'a d'ailleurs pas grande importance, car ce qui compte, je crois, est que l'instrumentiste reste en état de stress et de lutte par rapport à la partition. »

Créateur radical parti de la musique sérielle généralisée, Ferneyhough a adapté les impératifs d'écriture de cette forme constructiviste de pensée jusqu'à en exacerber la complexité. Ses partitions se donneront alors à lire avec une surcharge d'informations où les rythmes irrationnels, les dynamiques hypertrophiées et les indications de production du son créent une véritable polyphonie graphique envahissant chaque note individuelle.

Transit, pour six voix et orchestre de chambre (1972-1975), représente une nouvelle étape dans l'évolution de Ferneyhough, qui transcende ici, à la fois et en les dépassant, la pensée postsérielle et son concept de virtuosité « utopique ». La série des Time and Motion Study (la première est pour clarinette basse solo, 1971-1977 ; la deuxième pour violoncelle solo avec amplification, 1973-1976 ; la troisième pour seize voix solistes, percussion et électronique, 1974) ainsi que Unity Capsule, pour flûte solo (1976), développent encore plus la problématique de l'interprète face à son instrument grâce à une méthodologie quasi philosophique selon laquelle « l'art en tant qu'expansion dans le monde d'une science subjective postule une re-synthèse utopique de la perception au niveau de l'observateur et non pas à celui de ce qui est observé ».

Suivent [...]

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Écrit par :

  • : compositeur, critique, musicologue, producteur de radio

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Alain FÉRON, « FERNEYHOUGH BRIAN (1943- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/brian-ferneyhough/