ZIMMERMANN BERND ALOIS (1918-1970)

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Rhénan, Bernd Alois Zimmermann est resté fidèle à Cologne, ville près de laquelle il est né. Élève à l'université (allemand, philosophie, musique) puis lecteur à l'Institut de musicologie, il devient professeur de composition à la Musikhochschule. Attentif aux nouveautés musicales de son temps, il assimile, après une solide formation classique, les directions ouvertes par la musique sérielle ; il travaille alors à Darmstadt avec Fortner et René Leibowitz, mais il entend ne pas se trouver limité à cette technique dans ses propres compositions. Il garde son indépendance par rapport aux systèmes d'école, davantage soucieux d'expression personnelle que de dogmatisme. Il affirme parfois cette attitude dans des gestes apparemment paradoxaux : ainsi son Concerto (sériel) pour hautbois et petit orchestre, de 1952, porte une dédicace « en hommage à Stravinski ». Curieux de toute musique nouvelle, il écrit en 1954 Nobody Knows the Trouble I See, concerto pour trompette qui est un hommage rendu au jazz et au negro spiritual. Dans les dix dernières années de sa vie, Zimmermann s'oriente vers une musique qu'il définit comme « pluralistique », faite de superposition de styles historiques différents, tentative pour dominer le temps et ainsi le faire s'arrêter ; direction qui se concilie fort bien avec le principe essentiel et constant de sa création sur le primat de l'expressivité, appelée à transcender l'écriture. L'œuvre la plus importante et la plus typique de cette période est son opéra-polémique Die Soldaten (1958-1960, révisé en 1963-1964), conçu d'après le drame de J. M. B. Lenz, poète allemand du Sturm und Drang. Zimmermann est aussi l'auteur de plusieurs ballets (Kontraste, 1953-1954), d'une partition pleine d'humour (musique pour les soupers du roi Ubu, 1966), de nombreuses œuvres importantes : Concerto de violon (1949-1950) ; Symphonie en un mouvement (1947-1952, révisée en 1953) ; Canto di speranza, cantate pour violoncelle et musique de chambre inspirée par Ezra Pound (1952-1957) ; Concerto pour violoncelle, en forme de pas de trois (1965-1966) ; Requiem für einen jungen Dichter, pour récitant, soprano, baryton, trois chœurs, bande magnétique, orchestre, combo de jazz et orgue (1967-1969).

—  Brigitte MASSIN

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Pour citer l’article

Brigitte MASSIN, « ZIMMERMANN BERND ALOIS - (1918-1970) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bernd-alois-zimmermann/