BEHAVIORISME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Évolution, mise en cause et affaiblissement du behaviorisme

À partir de la fin des années quarante, les diverses théories behavioristes S-R se heurtent à de croissantes difficultés internes et externes.

Les premières sont elles-mêmes de deux espèces. Tout d'abord apparaissent un certain nombre de désaccords entre des prédictions expérimentales dérivées des théories, et les résultats observés empiriquement. Contrairement à ce que l'on pourrait penser à première vue, ces désaccords ne constituent pas, en eux-mêmes, un échec dans la voie suivie ; ils correspondraient plutôt à un type de succès de la psychologie expérimentale. C'est, en effet, la première fois, dans l'histoire millénaire des idées que les hommes se forgent à propos de leur propre psychisme, qu'une conception d'ensemble est mise à mal par sa confrontation avec des faits recueillis spécialement à cette fin. Le désaccord tient ainsi à ce que les conceptions étaient assez précises pour pouvoir être infirmées, ce qui n'est pas souvent le cas pour d'autres sortes de théories. C'est pour une large part autour des notions de renforcement, de motivation et d'anticipation que se cristallisent ces difficultés. Le lieu théorique d'où elles naissent est assez facilement repérable : il se trouve dans ce qui joint S et R. En renonçant à l'introspectionnisme, le behaviorisme – et la psychologie objective en général – se prive de toute possibilité d'accès direct à la connaissance des activités internes. Peut-on pour autant nier l'existence de ces dernières ? Les exigences mêmes de la recherche expérimentale tendent progressivement à bousculer toute tentative de supprimer ce problème, ou de le contourner par la simple description des concomitances entre stimulus et réponses.

Dans le débat sur les théories de l'apprentissage, des conceptions différentes s'étaient déjà opposées sur ce point. On a évoqué plus haut l'extrémisme positiviste de Skinner. Tolman, pour sa part, avait accepté d'utiliser des « constructions conceptuelles hypothétiques » (hypothetical constructs) pour rendre compte des comportements, alors que Hull s [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  BEHAVIORISME  » est également traité dans :

ANTHROPOLOGIE COGNITIVE

  • Écrit par 
  • Arnaud HALLOY
  •  • 5 804 mots

Dans le chapitre « Quelques repères historiques »  : […] Roy D’Andrade (1995) distingue quatre grandes périodes dans la constitution de l’anthropologie cognitive. La première prend place à cheval sur les années 1950 et 1960. On assiste alors au « tournant cognitif » en psychologie avec le passage du béhaviorisme – un courant de la psychologie qui juge impossible l’accès aux états mentaux, et par conséquent leur explication scientifique, et qui prône l’ […] Lire la suite

ATTITUDE

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON
  •  • 4 164 mots
  •  • 2 médias

Le mot attitude vient du latin aptitudo. Son sens primitif appartient au domaine de la plastique : « Manière de tenir le corps. [Avoir] de belles attitudes », dit Littré. Du physique le terme se transpose au moral : « L'attitude du respect » ; puis il déborde le moral pour indiquer des dispositions diverses : « Le gouvernement par son attitude a rassuré les amis de la paix », dit encore Littré. L […] Lire la suite

AUTISME (PRISE EN CHARGE DE L')

  • Écrit par 
  • Marie-Ève HOFFET
  •  • 2 658 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Les thérapies comportementales  »  : […] Des associations de parents d'autistes demandent, à juste titre, que leur enfant s'intègre le mieux possible à la vie de famille et à la vie en société, pour qu'il puisse continuer à s'insérer au mieux dans l'environnement habituel . Par ailleurs, elles veulent faire sortir l'autisme de la pathologie mentale, le faire entrer dans le handicap d'origine organique ou génétique. Certaines ont demandé […] Lire la suite

BLOOMFIELD LEONARD (1887-1949)

  • Écrit par 
  • C.-H. VEKEN
  •  • 813 mots

Homme réservé, à la personnalité austère et entière, L. Bloomfield marqua de façon déterminante le développement de la linguistique aux États-Unis et dans le monde. Né à Chicago, il étudia la grammaire et la philologie germanique à Harvard et, après avoir passé un an en Allemagne, où il suivit les cours de Brugmann et de Leskien, les grands comparatistes de l'époque, il enseigna dans plusieurs uni […] Lire la suite

COGNITION

  • Écrit par 
  • Chrystel BESCHE-RICHARD, 
  • Raymond CAMPAN
  •  • 2 620 mots

Dans le chapitre « Théorie de l'évolution et fondation de la psychologie »  : […] L'avènement des théories évolutionnistes au xix e  siècle place l'homme dans une généalogie où les animaux l'ont précédé, le faisant descendre directement du singe. Cela justifie la fondation d'une psychologie qui compare les différents niveaux de l'évolution mentale animale jusqu'à l'homme. L'expérimentation donne un contenu plus précis aux processus en cause dans l'apprentissage et la résoluti […] Lire la suite

COGNITION INCARNÉE

  • Écrit par 
  • Rémy VERSACE
  •  • 1 274 mots

Pendant longtemps, les sciences de la cognition ont tenté de décrire les mécanismes à la base des comportements en privilégiant une approche modulariste décrivant le cerveau comme un ensemble de systèmes hautement spécialisés (des modules), impliquant différents niveaux de représentations internes, et intervenant avant tout selon un mode séquentiel. Au-delà de la modularité, que certains ont limi […] Lire la suite

CONDITIONNEMENT

  • Écrit par 
  • Marc RICHELLE
  •  • 5 027 mots

Le terme « conditionnement » s'applique, en psychologie scientifique, à des mécanismes d'acquisition des comportements à la faveur de certaines relations précises entre les réactions de l'organisme et les stimulations du milieu. Décrit et exploré à l'origine par Pavlov (1849-1936), dans des expériences classiques sur le chien, le conditionnement dit pavlovien (ou classique, ou de type I) s'éta […] Lire la suite

DISTRIBUTIONNALISME

  • Écrit par 
  • Catherine FUCHS
  •  • 964 mots

Dans le chapitre « Une méthode descriptive »  : […] Né en réaction contre les approches des grammaires mentalistes, ce courant s'est inscrit au départ dans la perspective mécaniste de la psychologie dite « behavioriste », qui entendait expliquer objectivement le comportement en termes de facteurs externes – stimulus et réponse – sans recourir à l'introspection. Dans cette perspective, le sens d'un message reste hors d'atteinte, puisqu'il est conçu […] Lire la suite

ENFANCE (Les connaissances) - La socialisation

  • Écrit par 
  • Philippe MALRIEU
  •  • 5 482 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les théories »  : […] De ce double processus, les théories de la socialisation soulignent tel ou tel aspect, en fonction des idéologies qui leur sont sous-jacentes, mais aussi en raison des méthodes qu'elles privilégient. Ainsi a-t-on relevé la tendance des Anglo-Saxons à souligner dans la socialisation les relations interpersonnelles, la recherche par les individus de l'utile et du plaisir, tandis que les sociologues […] Lire la suite

ÉTHOLOGIE

  • Écrit par 
  • Odile PETIT
  •  • 2 517 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « De l'opposition de courants d'idées à l'élaboration des quatre questions fondatrices »  : […] Quand on retrace le développement de l'éthologie, on voit se répéter des oppositions entre différents courants théoriques. L'éthologie s'est cristallisée autour de la querelle de l'inné et de l'acquis, qui a stimulé soit les recherches sur l'instinct (concept considéré comme trop étroit rétrospectivement), qui se rattachent à l'éthologie dite objectiviste, soit les études sur l'apprentissage, lié […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-François LE NY, « BEHAVIORISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/behaviorisme/