BARBARA (1930-1997)

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La reconnaissance d’une artiste singulière

Sa trentième année marque une vraie rupture, quand elle devient pleinement auteure-compositrice. Tout au long des années 1960, tandis que déferle en France la mode « yé-yé » et le rock britannique, Barbara signe des mélodies et textes pudiques et sensuels, ceux qui ont créé son mythe et groupé autour d’elle un public d’admirateurs inconditionnels : « Chapeau bas », « Dis, quand reviendras-tu ? » (écrit pour un amant temporaire diplomate), « Nantes », « Le Mal de vivre », « Pierre », « Si la photo est bonne », « À mourir pour mourir », « Une petite cantate ». Un peu plus tard, ce sera « Parce que (Je t’aime) », « Mon enfance », « Marienbad », « Gueule de nuit », beaucoup d’autres encore. On découvre alors le paysage intérieur d’une femme, sans véritable équivalent dans la chanson française. Le répertoire précédent laisse place à une voix chuchotée et à des mélodies « du bout des doigts », qui disent le besoin d’être aimée, les blessures jamais refermées de l’enfance, une mélancolie d’amère douceur et le sombre désir d’en finir vite, mais aussi l’ardente soif de vivre, debout contre l’inexorable fuite du temps. Cette remarquable créativité rend possible son accès aux grandes salles. Barbara passe à Bobino en première partie de Félix Marten (1961), de Georges Brassens (1964) et part en tournée avec Serge Gainsbourg (1964).

Au mois de juillet de la même année, elle accepte à contrecœur un engagement au Junges Theater de Göttingen en Basse-Saxe. L’époque est à la réconciliation franco-allemande, derrière le couple emblématique que forment Konrad Adenauer et le général de Gaulle. Mais Barbara se souvient qu’elle est juive : la langue allemande heurte trop encore son oreille, et elle est sur le point de repartir sans donner de concert. Elle racontera plus tard comment elle changea d’avis lorsqu’elle vit des étudiants allemands apporter dans la salle à dos d’homme le piano à queue qu’elle avait exigé. Elle écrit alors « Göttingen », qui voudrait en finir avec les haines séculaires en [...]

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Pour citer l’article

Michel P. SCHMITT, « BARBARA (1930-1997) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/barbara-1930-1997/