PAJOU AUGUSTIN (1730-1809)

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S'il est possible de trouver dans la seconde moitié du xviiie siècle français des sculpteurs plus inspirés et plus originaux que Pajou, il n'en reste pas moins le plus caractéristique de la période, avec ses hésitations et ses ambiguïtés de style. Né à Paris, Augustin Pajou fut l'élève de Lemoyne. On n'a toutefois pas l'impression que cet apprentissage ait laissé chez lui une profonde marque ; les deux tempéraments étaient visiblement trop différents. L'attachement de Pajou pour son maître se manifeste cependant dans le buste qu'il en a laissé (bronze, 1758, Louvre). C'est l'hommage d'un élève, mais on y sent déjà le goût des surfaces polies, des enchaînements fondus et des lignes souples, qui distingue Pajou.

Son œuvre majeure, il faut la chercher à Versailles où, de 1768 à 1770, il décore de reliefs le vestibule de l'Opéra de Gabriel. Les sculptures sont en stuc ou en bois, s'élevant en blanc sur des fonds clairs. Un visible souci de mesure conduit Pajou à ordonner ses figures en groupes équilibrés selon des axes de symétrie bien sensibles. Même parti dans le traitement du détail : les draperies sont calmes, les visages ont une expression sereine, un peu absente. L'Apollon, debout sur un piédestal, une couronne dans chaque main, ressemble aux fausses statues de la galerie des Carrache, au palais Farnèse. Cette analogie n'est peut-être pas fortuite ; le néo-classicisme de Pajou, comme celui d'un Vien ou d'un Lagrenée, semble moins fait d'un recours direct aux exemples antiques que d'une volonté de restaurer la tradition du classicisme académique et de revenir aux modèles fournis par Raphaël et les Carrache.

Une autre source d'inspiration de Pajou est à noter ; lors de la transformation de la fontaine des Innocents, en 1788, il est appelé à compléter l'œuvre de Jean Goujon en donnant une quatrième face au monument. Il s'en acquitte en pastichant le style de son prédécesseur de la Renaissance avec un parfait bonheur, sachant en retrouver la souplesse linéaire et la grâce délicate. La Psyché de 1791 (Louvre) montre bien combien Pajou était éloigné d'un idéal de sévérité antique à la David ; c'est un corps de chair tendre, avec tout son poids et sa consistance, dont les molles lignes s'entrelacent sans qu'on y sente aucune volonté géométrique.

Psyché, A. Pajou

Psyché, A. Pajou

photographie

Augustin PAJOU, Psyché, 1791, marbre. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

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Pajou vécut jusqu'en 1809. Il était trop âgé pour que la Révolution ou l'Empire eussent à lui confier des commandes importantes. Mais, bien visiblement, le style de détente qui était le sien n'avait plus sa place dans la nouvelle période.

—  Georges BRUNEL

Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres, conservateur des objets d'art des églises de la Ville de Paris

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Pour citer l’article

Georges BRUNEL, « PAJOU AUGUSTIN - (1730-1809) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/augustin-pajou/