CONSIDÈRE ARMAND (1841-1914)

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Polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, Armand Gabriel Considère est l'inventeur du béton fretté, un type de béton armé adapté essentiellement aux poteaux et aux pieux. Le procédé consiste à armer la structure de ferraillages transversaux, généralement en hélices ou en spires et renforcés longitudinalement, ce qui lui confère une très forte résistance à la compression tout en limitant les risques de gonflement.

Mais avant de se distinguer dans des constructions hardies, Armand Considère, né à Port-sur-Saône, en Franche-Comté, le 8 juin 1841, a fait la plus grande partie de sa carrière dans l'administration, à l'exception de sa fonction de directeur des forges et chantiers de La Chéléassière et de Saint-Nazaire de 1874 à 1883. C'est au cours de cette période qu'il a mis au point une méthode de production d'acier sans soufflures, brevetée en 1876. De son passage dans l'industrie métallurgique, il gardera toujours un grand intérêt pour l'acier dans la construction, et notamment la préoccupation des efforts de rupture des matériaux pour lesquels il prônera le recours à des méthodes expérimentales.

Après une carrière d'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de quinze années dans le Finistère, où il s'occupait notamment des phares et balises, il prend sa retraite de l'administration en 1902. Il peut se consacrer alors au développement de ses projets en matière de béton armé, et en particulier ses idées relatives au béton fretté, après son brevet déposé en décembre 1901.

Il fonde en 1905 le bureau d'études Considère et compagnie, qui, après quelques changements, devient en 1910 le cabinet Pelnard-Considère et Caquot. Louis Pelnard, ingénieur du corps des Mines, est le gendre d'Armand Considère et Albert Caquot un des ingénieurs les plus marquants de l'histoire du béton armé. Au sein de ces entreprises, Armand Considère peut mettre en pratique ses innovations en construisant notamment, en 1906, un viaduc à Avranches et plusieurs éléments de la chocolaterie Menier de Noisiel : le pont Hardi et la structure en poteaux et poutres du nouveau bâtiment de production, appelé « cathédrale » pour son côté spectaculaire. Il construira également des halles à Ivry pour la Compagnie des chemins de fer d'Orléans.

Un des bâtiments de la chocolaterie Menier à Noisiel (Seine-et-Marne)

Photographie : Un des bâtiments de la chocolaterie Menier à Noisiel (Seine-et-Marne)

La «cathédrale», construite de 1905 à 1907 à Noisiel (Seine-et-Marne), est le dernier bâtiment important érigé par Henri et Gaston Menier pour abriter la nouvelle chocolaterie. Les poteaux et poutres du bâtiment ainsi que la passerelle sont construits selon le procédé du béton fretté... 

Crédits : B. Gorecka

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Décoré de la Légion d'honneur pour ses actions en tant que chef de bataillon du génie pendant la guerre de 1870, Armand Considère sera également correspondant de l'Académie des sciences pour la mécanique et lauréat de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale.

Après son décès le 3 août 1914, la technique du béton fretté sera peu à peu abandonnée, au profit du béton précontraint.

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Bruno JACOMY, « CONSIDÈRE ARMAND - (1841-1914) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/armand-considere/