ARCHITECTURE ÉCOLOGIQUE ou ARCHITECTURE DURABLE
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Changement climatique, pollutions de l’eau et de l’air…, les dangers encourus par notre planète et ses habitants rendent indispensable une remise en question de nos modes de vie. Pourtant, les émissions de CO2 dans le secteur du bâtiment continuent d’augmenter au niveau mondial.
Le changement radical qui s’impose passe par le développement d'une architecture écologiquement et socialement responsable, c'est-à-dire fonctionnelle, confortable, économe en matières premières et respectueuse de l'environnement, au sens large du terme. Depuis les années 1970, cette architecture a été qualifiée d’écologique, de bioclimatique, de durable, d’écoresponsable, puis de frugale. Le principe reste sensiblement le même : sa conception doit être adaptée au contexte et varier selon la topographie, le climat, les ressources régionales, la culture locale, le niveau social des citoyens et les choix politiques des États. Cette multiplicité des réponses n'est d'ailleurs pas nouvelle : l'étude des constructions traditionnelles témoigne d’une multitude de solutions permettant d'apporter aux usagers le confort nécessaire, tout en respectant l’identité et l'intégrité du territoire.
Histoire et développement
Des constructions vernaculaires à l'habitat bioclimatique
L'architecture vernaculaire, typique d'une aire géographique et culturelle donnée, est la manifestation d'un savoir-faire séculaire transmis et amélioré de génération en génération. Il convient de méditer son enseignement, de le perpétuer, mais aussi de l'enrichir et de le prolonger. Formes, matériaux et techniques de l'architecture traditionnelle ont été dictés par le microclimat et les possibilités offertes par les ressources localement disponibles : construction en bois dans les régions forestières ; murs en pisé ou en briques et couvertures en tuiles quand les sols sont argileux ; toitures en ardoises ou en lauzes dans les régions schisteuses ; maçonneries en calcaire, en grès ou en granite selon la nature du substratum. Grâce à l'expérience des anciens, l'architecture traditionnelle tenait également compte des risques liés au relief et au climat : terrains inondables, couloirs d'avalanche, zones sismiques, etc.
L'habitat « bioclimatique » est quant à lui un mode de construction alternatif qui a émergé aux États-Unis après les crises pétrolières des années 1970. Il s'inspire de l'insertion douce des constructions vernaculaires dans le paysage, de leur adéquation entre forme et usage ainsi que de la logique d'utilisation inhérente à chaque matériau. Il a été repris en France par des « néoruraux », qui ont quitté la ville pour s'installer à la campagne, dans des régions plus ou moins désertifiées. Réalisées pour la plupart en autoconstruction, avec peu de moyens, les premières maisons bioclimatiques offrent un confort d'hiver et d'été grâce à une approche pragmatique. Elles profitent des apports gratuits du soleil d’hiver tout en se protégeant des surchauffes de l’été grâce à de larges débords de toiture. Aujourd’hui encore, des familles choisissent de vivre « à la campagne » et rénovent ou construisent avec des matériaux naturels, souvent dans le cadre de chantiers participatifs.
À la recherche d'un équilibre entre low-tech et high-tech
Depuis les années 1980, deux tendances se développent parallèlement : le low-tech et le high-tech. Les partisans du low-tech, mus par la volonté de retrouver dans leur mode de vie une simplicité volontaire, sont convaincus de la nécessité d'une décroissance économique dans les pays industrialisés. Ils prônent l’usage de matériaux naturels locaux, l'économie de moyens et la mise en valeur de savoir-faire artisanaux. À l’opposé, le high-tech, soutenu par une approche industrielle visant[...]
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Écrit par
- Dominique GAUZIN-MÜLLER : architecte-chercheuse, cofondatrice du Mouvement pour une frugalité heureuse et créative
Classification
Médias
Autres références
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KAUFMANN HERMANN (1955- )
- Écrit par Dominique GAUZIN-MÜLLER
- 1 040 mots
- 1 média
Hérault d'une dynastie du bois comprenant concepteurs, charpentiers et industriels, l'architecte autrichien Hermann Kaufmann milite depuis les années 1980 pour une construction innovante mêlant bois massif et produits dérivés. Son œuvre très vaste, marquée par la conscience du « service » à offrir...
Voir aussi
- ÉNERGIE ÉOLIENNE
- ÉNERGIE SOLAIRE
- RECYCLAGE DES DÉCHETS ET DES MATÉRIAUX
- GÉOTHERMIE
- EAU CYCLE DE L' ou CYCLE HYDROLOGIQUE
- LABELS
- CONSTRUCTION TECHNIQUES DE
- MATÉRIAUX, architecture
- EAUX PLUVIALES
- CHANGEMENT CLIMATIQUE
- CHAUFFAGE
- RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
- BOIS, architecture
- BIOCLIMATIQUE & SOLAIRE ARCHITECTURE
- CAPTEUR SOLAIRE THERMIQUE
- VÉGÉTALISATION, bâtiment et travaux publics
- ÉCONOMIES D'ÉNERGIE
- TRANSITION ÉCOLOGIQUE
- BIOSOURCÉS MATÉRIAUX

