ARCHITECTURE ÉCOLOGIQUE ou ARCHITECTURE DURABLE

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Les méthodes de conception

D'une approche intuitive aux grilles d'évaluation

L'approche bioclimatique est assez intuitive : elle s'appuie sur l'observation du site et sur l'enseignement tiré des constructions vernaculaires. Ce n'est qu'au début des années 1990 que sont apparues les premières grilles destinées à une évaluation « objective » des caractéristiques environnementales des bâtiments. Ces grilles analytiques multicritères, inspirées de la procédure ISO 14001, ont généralement des objectifs quantifiés et sont associées à une méthode de management environnemental : Green Building Tool en Amérique du Nord, Breeam au Royaume-Uni, Dbca aux Pays-Bas, Klimaaktivhaus en Autriche. Les pays germaniques mettent l'accent sur l'efficacité énergétique à travers une réglementation thermique contraignante et des labels volontaires : Minergie en Suisse (www.minergie.ch), Habitat passif en Allemagne et en Autriche (www.passiv.de).

Le label Passivhaus a été initié en Allemagne en 1989. Son obtention est soumise à plusieurs conditions, mais la principale concerne les besoins en énergie finale pour le chauffage : ils doivent être inférieurs à 15 kWh/m2.an, soit environ trois fois moins qu'un habitat conforme à la réglementation thermique française (RT 2005). Le principe est simple, mais astucieux : réduire assez les besoins en énergie pour qu'un chauffage conventionnel devienne inutile. Cela nécessite l'application conséquente des principes bioclimatiques, une enveloppe très isolée et étanche à l'air et la mise en œuvre d'installations techniques très performantes. L'air devient alors vecteur de chauffage, grâce à une ventilation mécanique double flux qui récupère 80 à 90 p. 100 de la chaleur de l'air vicié avant son rejet vers l'extérieur. En 2007, environ 7 000 logements Passivhaus étaient déjà réalisés, essentiellement dans les pays germaniques. La démarche, conçue pour l'habitat, s'étend peu à peu aux équipements publics, aux bureaux et aux bâtiments d'activités. Elle gagne d'autres pays d'Europe et un groupe d'études cherche des solutions pour les climats chauds européens (www.passive-on.org). Un label français intitulé Effinergie, inspiré du standard Passivhaus et du label suisse Minergie, a été mis en place en 2007. Dans le résidentiel neuf, la consommation d'énergie primaire (le taux de conversion entre énergie finale et énergie primaire est de 2,58 pour l'électricité fournie par le réseau, de 1 pour les énergies fossiles et de 0,6 pour le bois) pour le chauffage, mais aussi pour le rafraîchissement, la ventilation et l'éclairage, doit être inférieure à 50 kWh/m2.an (www.effinergie.org).

Très technocratique, la démarche française HQE⌖ (haute qualité environnementale), créée en 1994, a été accueillie avec scepticisme par les professionnels de terrain, ce qui explique son faible impact.

Une démarche holistique

Le processus qui mène à une architecture éco-responsable est une approche globale, interdisciplinaire et consensuelle. Comme le développement durable, elle s'appuie sur quatre types de préoccupations : écologiques, économiques, sociales et culturelles. Cette démarche holistique (du grec holos, « tout entier »), également utilisée en médecine et dans l'agriculture, exige une symbiose entre approche intuitive et démarche analytique. La juxtaposition de réponses justes à des cibles spécifiques ne donnant pas toujours un résultat global pertinent, la démarche doit être abordée comme une synthèse créatrice. Un bâtiment écologique, c'est avant tout une construction qui répond aux souhaits et aux besoins actuels des usagers et qui anticipe l'avenir en autorisant l'évolution de l'utilisation dans le temps. Les autres critères varient selon le milieu, urbain ou naturel, le contexte géographique et sociologique et le budget des clients. La plupart des professionnels s'accordent sur trois thèmes majeurs : intégration au territoire, choix raisonné des matériaux utilisés et surtout maîtrise des besoins en énergie pour le confort thermique et visuel. D'autres critères sont également pris en considération, comme la gestion des déchets du chantier et celle des ordures ménagères (local poubelle adapté au tri sélectif, etc.) ou encore la maîtrise du cycle de l'eau (limitation de la consommation, récupération de l'eau de pluie, etc.).

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KAUFMANN HERMANN (1955- )

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  • Dominique GAUZIN-MÜLLER
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Dominique GAUZIN-MÜLLER, « ARCHITECTURE ÉCOLOGIQUE ou ARCHITECTURE DURABLE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-ecologique-architecture-durable/