APOLITISME

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L'apolitisme n'est qu'exceptionnellement une doctrine en bonne et due forme. Il peut consister en un refus volontaire et motivé de se placer sur le terrain politique. Il peut être une posture que l'on adopte pour promouvoir en fait une option politique particulière. Au début du xxe siècle, il fut une conception particulière de l'action syndicale, en vue d'une certaine forme... d'action politique ! De nos jours, il est essentiellement une attitude de désintérêt à l'égard de la vie politique, dont la tendance à l'affaiblissement des conflits idéologiques semble être la principale responsable.

Une posture volontaire, parfois stratégique

Seuls les épicuriens, dans l'Antiquité, ont théorisé et assumé le désengagement par rapport à la vie de la cité en tant que position doctrinale. Recherchant le plaisir dans l'absence de souffrance pour le corps et dans l'absence de trouble pour l'âme, ils considéraient que le sage était celui qui savait éviter de s'exposer à des troubles inutiles. Aussi, contrairement aux stoïciens, qui valorisaient l'engagement politique, ils prônaient, quant à eux, le retrait de la vie publique afin de se mettre à l'abri de ses désagréments.

L'apolitisme est souvent une limitation qu'un acteur social s'impose à lui-même pour éviter que les tendances à la division et au conflit, inhérentes à la politique, ne viennent perturber ses activités. De nombreuses associations, culturelles ou sportives par exemple, s'interdisent ainsi toute prise de position politique. De même, un bon commerçant sait qu'il ne doit pas prendre publiquement parti en politique. Dans nombre de petites communes, lors des élections municipales, apparaissent des listes « apolitiques » qui visent à éviter les tensions à l'intérieur d'une petite communauté. Néanmoins, cette situation n'empêche pas le maire, finalement élu, d'exprimer par la suite des sympathies politiques.

Dans les faits, la frontière n'est pas toujours claire entre la volonté réelle d'éviter les interférences avec la politique et une post [...]


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MANN THOMAS

  • Écrit par 
  • André GISSELBRECHT
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Dans le chapitre « « Exigences du jour » et trahison des clercs »  : […] Cette Allemagne de Thomas Mann se présente sous une forme « monumentale », incarnée par un nombre limité de grandes figures, hommes de culture pour la plupart (à l'exception de Bismarck), monolithes se dressant sur la plaine, l'écrasant parfois. Car le grand homme qui fait l'Histoire lui paraîtra de plus en plus non pas l'expression de son peuple mais isolé dans son peuple, à contre-courant ; et a […] Lire la suite

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4-16 mars 1984 • France • Manifestations en faveur de l'enseignement libre et projets du gouvernement

organisées par le Comité national de l'enseignement catholique (C.N.E.C.). Toutes ces manifestations ont enregistré de remarquables succès de participation. Malgré la volonté d'apolitisme affirmée par la hiérarchie catholique, de nombreuses personnalités de l'opposition ont participé à ces défilés. Le 16 [...] Lire la suite

11-26 mai 1981 • Bolivie • Renonciation du général García Meza à la présidence

sont nommés respectivement commandant en chef de l'armée de terre et chef d'état-major : ce sont deux officiers « institutionnalistes », défenseurs de l'apolitisme des forces armées et partisans d'un retour des militaires dans les casernes.  [...] Lire la suite

Pour citer l’article

Étienne SCHWEISGUTH, « APOLITISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/apolitisme/