APOLITISME

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La tendance à la dépolitisation

De nos jours, on observe, dans l'ensemble de l'Europe occidentale, une tendance à la désaffection des citoyens à l'égard de la vie politique. Après une phase de hausse de la participation électorale, liée au développement économique et culturel qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, la tendance est à la baisse dans tous les pays depuis les années 1980, le niveau atteint se révélant souvent inférieur à celui de la période de l'immédiat après-guerre. Le nombre des adhérents aux partis ou aux syndicats est en baisse et les citoyens sont de moins en moins nombreux à se définir politiquement par identification à un parti. Enfin, les grandes associations d'obédience politique ou religieuse, notamment les associations de jeunesse, ont vu fondre leurs effectifs. En ce sens, on peut dire qu'un certain processus de dépolitisation est en cours.

Contrairement à certaines interprétations courantes, cette évolution ne semble pas devoir s'expliquer par la montée d'un individualisme qui signifierait que les membres des sociétés européennes ne se préoccupent plus que de leurs seuls intérêts personnels. Les citoyens des pays européens ne semblent pas être dans une phase de désintérêt pour la chose publique. Leur intérêt pour les problèmes économiques, sociaux, religieux, culturels, écologiques, etc., semble au contraire être en hausse, comme en témoignent leur niveau élevé d'écoute des informations à la radio et à la télévision ainsi que leur pratique de la lecture des journaux. Si les anciennes formes de militantisme sont en baisse, l'engagement dans les associations à but humanitaire, social, culturel, sportif ou autres est en augmentation. De même, si la participation à la vie politique par la procédure de l'élection est en baisse, de nouvelles formes d'engagement, telles que la participation à des manifestations ou la signature de pétitions, sont en hausse.

La concomitance de ces deux tendances contradictoires incline à rechercher une autre explication à ce changement. Plus que l'individualisme, trop souvent invoqué, c'est l'affaiblisseme [...]


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  • Écrit par 
  • André GISSELBRECHT
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Dans le chapitre « « Exigences du jour » et trahison des clercs »  : […] Cette Allemagne de Thomas Mann se présente sous une forme « monumentale », incarnée par un nombre limité de grandes figures, hommes de culture pour la plupart (à l'exception de Bismarck), monolithes se dressant sur la plaine, l'écrasant parfois. Car le grand homme qui fait l'Histoire lui paraîtra de plus en plus non pas l'expression de son peuple mais isolé dans son peuple, à contre-courant ; et a […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Étienne SCHWEISGUTH, « APOLITISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/apolitisme/