Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

ANTHROPOLOGIE COGNITIVE

Perspectives d’avenir

Les plus sceptiques quant à l’apport de l’anthropologie cognitive diront qu’elle a permis de maintenir un portrait plus réaliste de la cognition humaine en anthropologie. Les plus enthousiastes renchériront sur le fait qu’elle a directement contribué à documenter les différences culturelles relatives aux processus cognitifs tels que la perception, la mémoire, la pensée ou encore les émotions. Elle a aussi permis un renouvellement conceptuel de la discipline, à travers l’émergence de nouveaux objets de recherche et de nouvelles méthodes, comme en témoignent par exemple l’émergence des ethnosciences ou les travaux récents de l’ethnographie cognitive. Quel est son avenir ?

La raison d’être de l’anthropologie cognitive en tant que discipline est de documenter et mieux comprendre ce que la culture fait à la cognition. Il est aujourd’hui évident que ni la culture seule, ni notre héritage biologique seul ne sont à même d’expliquer ce que nous sommes et comment nous le devenons. L’esprit ne peut plus être considéré comme une « page blanche » sur laquelle la culture pourrait inscrire tout et n’importe quoi, mais gagnerait à être conçu comme un « premier brouillon que fournit la nature et que l’expérience révise ensuite » (Marcus, 2004). Un des principaux intérêts de l’anthropologie cognitive est sa capacité à articuler, tant sur le plan théorique que méthodologique, la question des « potentialités » (Goldschmidt, 2000) de l’esprit et celle des facteurs situationnels à l’œuvre dans toute forme d’apprentissage culturel. C’est à ce prix qu’elle trouvera sa place et forgera sa légitimité au sein du vaste projet anthropologique.

— Arnaud HALLOY

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

Classification

Pour citer cet article

Arnaud HALLOY. ANTHROPOLOGIE COGNITIVE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • BIOLOGISME

    • Écrit par Sébastien LEMERLE, Carole REYNAUD-PALIGOT
    • 2 772 mots
    ...naturelle de l’espèce (J. Barkow, L. Cosmides et J. Tooby, The AdaptedMind, 1992). À mi-chemin de la psychologie évolutionniste et de la mémétique, l’anthropologie cognitive de Dan Sperber s’articule autour d’un modèle épidémiologique de la diffusion culturelle et d’une conception du fonctionnement...
  • DARWINISME

    • Écrit par Dominique GUILLO, Thierry HOQUET
    • 5 497 mots
    ...sociobiologistes. Selon eux, le cerveau introduit une médiation cognitive, qui complexifie le lien entre la culture et les gènes. On peut adjoindre à ce courant l'anthropologie cognitive − fondée notamment par l'anthropologue américain Roy D'Andrade − et l'épidémiologie culturelle proposée par l'anthropologue...

Voir aussi