ANTHROPOLOGIE COGNITIVE

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Perspectives d’avenir

Les plus sceptiques quant à l’apport de l’anthropologie cognitive diront qu’elle a permis de maintenir un portrait plus réaliste de la cognition humaine en anthropologie. Les plus enthousiastes renchériront sur le fait qu’elle a directement contribué à documenter les différences culturelles relatives aux processus cognitifs tels que la perception, la mémoire, la pensée ou encore les émotions. Elle a aussi permis un renouvellement conceptuel de la discipline, à travers l’émergence de nouveaux objets de recherche et de nouvelles méthodes, comme en témoignent par exemple l’émergence des ethnosciences ou les travaux récents de l’ethnographie cognitive. Quel est son avenir ?

La raison d’être de l’anthropologie cognitive en tant que discipline est de documenter et mieux comprendre ce que la culture fait à la cognition. Il est aujourd’hui évident que ni la culture seule, ni notre héritage biologique seul ne sont à même d’expliquer ce que nous sommes et comment nous le devenons. L’esprit ne peut plus être considéré comme une « page blanche » sur laquelle la culture pourrait inscrire tout et n’importe quoi, mais gagnerait à être conçu comme un « premier brouillon que fournit la nature et que l’expérience révise ensuite » (Marcus, 2004). Un des principaux intérêts de l’anthropologie cognitive est sa capacité à articuler, tant sur le plan théorique que méthodologique, la question des « potentialités » (Goldschmidt, 2000) de l’esprit et celle des facteurs situationnels à l’œuvre dans toute forme d’apprentissage culturel. C’est à ce prix qu’elle trouvera sa place et forgera sa légitimité au sein du vaste projet anthropologique.


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Pour citer l’article

Arnaud HALLOY, « ANTHROPOLOGIE COGNITIVE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/anthropologie-cognitive/