ZANZOTTO ANDREA (1921-2011)

Né en 1921 à Pieve di Soligo, près de Trévise, Andrea Zanzotto obtient sa maîtrise de lettres en 1942, à Padoue, et commence à enseigner avant même d'avoir fini ses études. Durant la guerre, il participe à la Résistance dans les rangs du mouvement Giustizia e Libertá. Il séjourne par la suite en France et en Suisse, avant de retourner définitivement vivre et enseigner à Pieve di Soligo à partir de la fin 1947. Collaborant aux revues Letteratura et Paragone, il publie ses premiers vers, d'inspiration hermétique, dans les volumes Dietro il paesaggio (1951) et Elegia e altri versi (1954). Le rapport complexe de l'individu à l'espace et aux lieux physiques, thème central de ces textes, est enrichi et développé dans le recueil Vocativo (1957), qui accorde davantage de poids à l'émergence du « je ». Riche en expérimentations, la matière linguistique composite des IX Ecloghe (1962) rompt définitivement avec la tradition de la poésie pastorale, pour donner corps aux échos de la communication de masse, de la vie urbaine et du monde industriel moderne.

Cette poétique nouvelle, s'écartant de l'hermétisme des débuts, est révélée à un public plus vaste par La Beltà (1968), salué par un article de Montale. Zanzotto prend ici acte de la désagrégation de toute forme idéale (que désigne le terme de beltà, au contraire du plus concret bellezza). Il va peu à peu faire converger dans son écriture une multiplicité de langages résiduels, qui vont du babil enfantin ou du calembour à la citation érudite. Une place centrale est accordée à la vocalité du dialecte, seul à même de mimer sinon de rétablir le rapport authentique de l'être au monde. Laissant derrière lui toute nostalgie « provincialiste », la poésie se fait errance, passage continu des frontières. Gli sguardi i fatti e senhal (1969) poursuit cette exploration du labyrinthe des contradictions de la réalité et du langage. Cependant, l'écrivain contrebalance peu à peu la radicalité de sa démarche par des traces de narrativité et de repères concrets, en évoquant, dans le recueil Pasqu [...]


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Écrit par :

  • : D.E.A. de littérature italienne contemporaine à l'université de Paris-III- Sorbonne nouvelle

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LE GALATÉ AU BOIS, Andrea Zanzotto - Fiche de lecture

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  • Jean-Michel GARDAIR
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La littérature italienne contemporaine est riche en très grands poètes. Le plus grand, depuis la mort de Pasolini (1975) et de Montale (1981), est sans doute le Vénitien Andrea Zanzotto, né en 1921 à Pievo di Soligo, dans la province de Trévise, où il n'a cessé de séjourner jusqu'à sa mort en 2011. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-galate-au-bois/#i_96045

ITALIE - Langue et littérature

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Dans le chapitre « De la critique de l'idéologie à la contestation des formes poétiques »  : […] Zanzotto (1921-2011) est sans conteste le plus prestigieux représentant de la quatrième génération. Si son premier recueil, Derrière le paysage (1951), se situe nettement dans la sphère hermétique revue par Montale, c'est avec Églogues (1962) et surtout La Beauté (1968) que son écriture se […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/italie-langue-et-litterature/#i_96045

Pour citer l’article

Carina MEYER-BOSCHI, « ZANZOTTO ANDREA - (1921-2011) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/andrea-zanzotto/