MASSON ANDRÉ (1896-1987)

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Les figures de l'inconscient

De 1934 à 1937, Masson séjourne en Espagne, où il se marie avec Rose Maklès et où naissent ses deux fils, Diego et Luis. Il est revenu en 1933 dans l'équipe de Kahnweiler, le marché de sa peinture se diversifie, sa vie personnelle se stabilise. Sa peinture prend des couleurs de feu et se développe dans un esprit de légende et de faste, avec des épisodes marqués par la parodie et le grotesque. L'œuvre espagnole de Masson n'est pas ordinaire : paysages emblématiques, insectes féeriques, corridas mythologiques et tragiques, fantaisies sur Don Quichotte...

D'Espagne, il contribue à la création de la revue surréaliste Minotaure (publiée par Albert Skira, 1933-1939) et d'Acéphale (dirigée par Georges Bataille, 1936-1939). De retour en France en 1937, Masson reprend contact avec André Breton et va participer avec lui, sans rompre pour autant ses attaches avec les membres du Collège de sociologie, au regroupement des surréalistes dans la Fédération internationale de l'art révolutionnaire indépendant (1938). L'œuvre s'amplifie, se charge de fantasmes incongrus (Métamorphose des amants, coll. part., Le Labyrinthe, Musée national d'art moderne, Paris). Masson explore de façon presque didactique les effets de l'association libre et des métamorphoses au sein d'une composition soigneusement équilibrée.

Après l'exode de 1940 (sa femme est juive et les surréalistes sont particulièrement exposés), il quitte la France pour les États-Unis. Moment de création protéiforme, d'une force d'invention remarquable, la « période américaine » de Masson commence à être reconnue sous tous ses aspects, et pas seulement comme une « source » possible des artistes de la côte est. Masson expérimente des techniques mixtes (huile et tempera, tempera et sable, dans Antille, La Pythie, La Sorcière) et développe une mythologie nourrie des légendes grecques aussi bien que des récits de « Peaux-Rouges » (Le Grain de mil, Pasiphaé, 1937, collection Masson, Loup couleur d'automne, 1943, musée de Grenoble).

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Pour citer l’article

Françoise LEVAILLANT, « MASSON ANDRÉ - (1896-1987) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/andre-masson/