ALPES BAVAROISES

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Le territoire de l'Allemagne se ferme, au sud, par une étroite lisière alpine qui domine le plateau bavarois. Elle est formée par la retombée de l'arc externe des Alpes sédimentaires. Ce front montagneux s'allonge sur environ 240 kilomètres, avec une épaisseur qui atteint rarement une quarantaine de kilomètres. Il vit en symbiose étroite avec l'avant-pays, molassique et fluvio-glaciaire, de la Haute-Bavière, édifié par l'érosion alpine et relevé en plan incliné par les mouvements tectoniques qui ont fait surgir la chaîne.

Les Alpes allemandes présentent entre elles quelques traits communs. Leur nature est rude, avec un climat humide et frais, pour des altitudes relativement modestes. Leur peuplement, assez étoffé, a été gonflé, après 1945, par l'apport des réfugiés. Entre 1939 et 1950, il avait augmenté de 30 p. 100. La Bavière alpine reste une zone de forte croissance démographique.

La nature des roches a individualisé trois grands ensembles. À l'ouest, les Alpes de l'Allgäu s'étendent du lac de Constance au Lech. Elles commencent par les hauteurs modestes de la forêt de Bregenz (Bregenzer Wald), dont l'Autriche possède la partie méridionale. Le territoire allemand lance une percée vers le sud, dans le bassin supérieur de l'Iller, encadré par les montagnes de l'Allgäu. Façonnées dans des formations tertiaires peu résistantes (molasse gréseuse, schistes argileux du flysch), elles montrent des formes adoucies, qui culminent à la Mädelegabel (2 649 m). La forte pluviosité et la richesse des sols en font des massifs forestiers et pastoraux, peuplés de Souabes, parlant un dialecte alémanique. Ils vivent dans des maisons de bois, dispersées au sein d'un paysage préalpin classique de sapinières et d'alpages. L'économie traditionnelle repose sur l'exploitation du bois et, surtout, l'élevage des bovins laitiers qui atteignent ici à l'une des plus fortes densités de tout l'arc alpin. Malgré le manque de main-d'œuvre rurale, cette activité résiste, mais les hautes vallées enregistrent un fort dépeuplement au profit de l'industrie, née de la houille blanche, et du tourisme. Le textile, le sciage et le façonnage du bois, la papeterie et, surtout, la préparation des produits laitiers animent les anciens marchés de Sonthofen et d'Immenstadt. Le séjour estival et les sports d'hiver ont apporté l'aisance dans les villages du haut Iller, autour d'Oberstdorf.

Les Alpes bavaroises, entre le Lech et l'Inn, offrent un contraste complet avec l'Allgäu. Le Wetterstein et les Karwendel sont des chaînes calcaires escarpées, où le massif de la Zugspitze, point culminant de l'Allemagne avec 2 962 mètres, conserve encore cinq kilomètres carrés de glaciers. L'érosion glaciaire a dégagé des vallées en auge aux flancs raides, où la forêt a du mal à s'accrocher. La vie rurale doit se réfugier dans les fonds de vallées humides. Cette âpreté s'atténue dans les avant-chaînes, où les conifères et la pelouse alpine sont plus à leur aise. Les profits de la forêt et du bétail sont bien moindres que dans l'Allgäu, et l'industrialisation plus sporadique. La grande affaire est, ici, le tourisme. Les centres principaux en sont Oberammergau, célèbre par son traditionnel « jeu de la Passion », la station olympique de Garmisch-Partenkirchen et Mittenwald, d'où un col facile (957 m) mène dans le Tyrol autrichien. Cette portion de la chaîne est le pays des lacs, creusés dans la montagne, comme le doublet Walchensee-Kochelsee, où a été installé le plus gros complexe hydroélectrique des Alpes bavaroises, ou dans les avant-chaînes (Schliersee, Tegernsee et sa station de Bad Wiessee).

Les montagnes de Bavière se terminent, entre l'Inn et la Salzach par la frange des Alpes de Berchtesgaden, qui sont l'amorce des Alpes de Salzbourg. Il s'agit d'un bloc calcaire, dépassant 2 000 mètres, perméable et sec, donnant des plateaux karstiques crevassés, nus et désolés, la « mer de pierres » (Steinernes Meer). Les vallées, abritées, verdoyantes, riches en salines qui ont fixé précocement le peuplement, ont été conquises par le tourisme, surtout le tourisme d'été. La plus active, là où Hitler avait fait bâtir son « nid d'aigle » est celle de Berchtesgaden avec, en aval, la station thermale de Bad Reichenhall.

Dans une Allemagne urbanisée et industrialisée à l'extrême, les Alpes bavaroises s [...]

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Paul GUICHONNET, « ALPES BAVAROISES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/alpes-bavaroises/