ALLEMANDES (LANGUE ET LITTÉRATURES)Langue

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L'allemand moderne

Systèmes phonologiques

Le système phonologique des voyelles toniques est dominé par une opposition de quantité : l'allemand possède sept voyelles brèves, huit voyelles longues et trois diphtongues.

Système des voyelles

Tableau : Système des voyelles

Système des voyelles. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les voyelles brèves sont toujours moins fermées et moins tendues que les longues. En Allemagne du Nord on ne distingue pas entre lege et läge.

Dans le système des consonnes, des fortes s'opposent à des douces ; les douces ne sont vraiment sonores qu'entre voyelles, et les occlusives fortes sont aspirées à l'initiale ; en fin de mot et devant une consonne forte, l'opposition est neutralisée au profit de la forte (Held = hält).

Système des consonnes

Tableau : Système des consonnes

Système des consonnes. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La graphie géminée d'une consonne indique aujourd'hui que la voyelle précédente est brève ; toutes les consonnes sont phonétiquement simples. En Allemagne du Nord, l'opposition de force est remplacée par une opposition de sonorité.

Le lexique

L'allemand crée et emprunte beaucoup, ce qui donne à son lexique richesse, souplesse, mais aussi bariolage et une certaine lourdeur.

En plus du procédé de la dérivation (krank : Krankheit, erkranken, kränkeln), la langue a la possibilité de transformer en substantif n'importe quel infinitif (das Fliegen, le fait, l'action de voler) ou adjectif (das Angenehme, ce qui est agréable). Mais la racine du mot, qui est toujours accentuée, reste aisément identifiable et les familles de mots jouent certainement un rôle plus important en allemand qu'en français (schlagen : Schlag, Schlacht, schlachten, beschlagen, erschlagen, etc.).

D'autre part, deux ou plusieurs éléments peuvent être réunis en un seul mot composé : Reserverad, roue de secours ; ehrsüchtig, avide d'honneurs ; le déterminant précède alors toujours le déterminé. Dans la langue technique, le procédé est fréquent et poussé à ses dernières limites : Treibstoffstandschauzeichen, voyant de niveau de carburant. L'association d'une particule et d'un verbe crée un verbe nouveau : bringen, apporter ; umbringen, tuer. On peut toujours créer par un de ces procédés un mot nouveau pour répondre aux besoins du moment, si bien qu'il est difficile d'arrêter un dictionnaire de l'allemand.

D'autre part, nombre de mots allemands ont été empruntés à d'autres langues au cours de l'histoire. C'est certainement le latin et le français qui ont été les plus grands donneurs ; aujourd'hui, l'anglais joue un rôle très important. Très souvent, un mot allemand et un mot emprunté coexistent : Geldbeutel et Portemonnaie, Telefon et Fernsprecher, etc. À certaines époques, purisme et nationalisme se sont d'ailleurs ligués pour imposer des remplaçants germaniques aux emprunts jugés envahissants ; ce fut en particulier le cas à la fin du xixe siècle. On a évalué à un sixième la proportion, dans le vocabulaire allemand, des emprunts décelables, dont la moitié vient du latin ou d'une langue romane.

La morphosyntaxe

Il y a trois genres et deux nombres ; les marques possibles du pluriel sont au nombre de sept. La déclinaison comporte quatre cas : nominatif, accusatif, génitif, datif ; ses marques sont réparties sur l'ensemble du groupe nominal : le nominatif der letzte Zug, le dernier train, devient au génitif singulier des letzen Zuges, au nominatif pluriel die letzten Züge, etc. L'opposition entre accusatif et datif joue un grand rôle dans l'expression du lieu : er fährt in die Stadt, il se rend à la ville, mais er fährt in der Stadt, il circule dans la ville.

La conjugaison a conservé la vieille distinction entre verbes forts et verbes faibles. Les désinences de personne sont bien distinctes (au présent de l'indicatif non accompli : ich gehe, du gehst, er geht, wir gehen, ihr geht, sie gehen). Il y a trois temps (présent, passé, futur), à chacun des trois modes (indicatif, subjonctif I, subjonctif II ou hypothétique) ; de plus on distingue entre un aspect accompli (ich bin gegangen) et un aspect non accompli (ich gehe). Le passif se forme à l'aide d'un auxiliaire, werden.

Une originalité de la phrase allemande est l'ordre dans lequel y apparaissent les éléments. C'est dans la proposition subordonnée que celui-ci est le plus net : le verbe conjugué figure tout à la fin ; puis, en remontant vers le début, on trouve chaque fois l'élément qui entre avec ce qui suit dans la liaison sémantique la plus étroite, complément, en quelque sorte, de tout ce qui est exprimé après lui. Ainsi : er erzählte, dass er für einen Augenblick seinem Freund die Hand auf die Schulter gelegt hatte, il raconta qu'il avait mis un [...]

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Aire dialectale de la «Teuthonia»

Aire dialectale de la «Teuthonia»
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Système des voyelles

Système des voyelles
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Système des consonnes

Système des consonnes
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  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur de linguistique des langues germaniques à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Paul VALENTIN, « ALLEMANDES (LANGUE ET LITTÉRATURES) - Langue », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/allemandes-langue-et-litteratures-langue/