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KOSSYGUINE ALEXEÏ NIKOLAÏEVITCH (1904-1980)

Fils d'un ouvrier, Alexeï Kossyguine est né à Saint-Pétersbourg. À l'âge de quinze ans il s'engage dans l'Armée rouge. Démobilisé, il s'inscrit à une école technique de sa ville natale. Il travaille de 1924 à 1929 dans les coopératives de Sibérie, revient à Leningrad (nom de Saint-Pétersbourg de 1924 à 1991) pour y suivre les cours de l'institut textile. Ingénieur diplômé, il prend la direction de l'usine Octobre.

Il a adhéré au Parti communiste en 1927, mais sa carrière politique ne commence qu'en 1938, lorsqu'il est nommé chef du département de l'industrie et des transports de l'organisation régionale du parti à Leningrad. Quelques semaines plus tard, il devient président du soviet (c'est-à-dire maire) de la deuxième ville du pays. Dès 1939, il est appelé à Moscou à la tête du commissariat du peuple (ministère) de l'Industrie textile. L'année suivante, il prend aussi le titre de vice-président du gouvernement de l'U.R.S.S. qu'il garde pendant trois ans, tout en exerçant diverses responsabilités ministérielles : 1940-1943, président du Conseil de l'économie pour les biens de consommation ; 1943-1946, président du Conseil des ministres de la République russe ; 1948, ministre des Finances ; 1949, ministre de l'Industrie légère et alimentaire. En mars 1953, il conserve ce ministère, mais il cesse d'être vice-président du Conseil. Il reprend ce titre à la fin de l'année, jusqu'en 1956. Ses responsabilités ne cessent alors de gagner en importance, et en 1960 il est nommé premier vice-président du Conseil des ministres.

Contrairement à la plupart des dirigeants soviétiques, il n'a pratiquement jamais travaillé dans l'appareil du parti. Spécialiste de l'industrie légère, il s'est tenu à l'écart des conflits qui déchiraient le Parti communiste. Néanmoins, en raison de ses origines, il subit les conséquences de l'affaire de Leningrad (en 1949, presque tous les dirigeants de cette ville furent exécutés). Nommé membre suppléant du bureau politique en 1948 et titulaire l'année suivante, Kossyguine quitte la direction suprême lors de la mort de Staline, mais redevient membre suppléant du Présidium (bureau politique) en 1957 et membre titulaire en 1960.

Kossyguine et Sadate, 1972

Kossyguine et Sadate, 1972

En 1959, il est appelé à la présidence du Gosplan ; en 1960, il cumule les fonctions de vice-président du Conseil des ministres de l'U.R.S.S. et de membre du Praesidium. La chute de Khrouchtchev, qu'il a contribué à préparer ; le porte à la tête du gouvernement de l'U.R.S.S. Nul ne peut, de 1964 à 1970, prédire qui, dans le triumvirat remplaçant Khrouchtchev — Brejnev, Kossyguine, Podgorny —, lui succédera réellement. Durant quelques années, Kossyguine semble bien l'emporter. Il domine la scène politique intérieure, où la réforme économique qu'il prône en 1965 est une réponse aux problèmes les plus urgents de l'U.R.S.S. Il est aussi le principal responsable de la politique extérieure, laissant à Leonid Brejnev la responsabilité des relations avec l'Est européen et les petits pays du Tiers Monde. Kossyguine retient pour lui-même toutes les grandes négociations : la médiation indo-pakistanaise de Tachkent (1966), le sommet soviéto-américain de Glassboro (1967), le difficile dialogue avec la Chine. Mais à la fin des années 1960 l'équilibre politique en U.R.S.S. se modifie : le rôle du parti s'accentue, et son responsable, Brejnev, éclipse progressivement Kossyguine. Dès lors, et sans conflit apparent, Kossyguine va se consacrer au domaine qui est le sien, celui de l'économie et de la gestion administrative. Dans ce domaine, son rôle restera toujours prépondérant, mais il y sera de manière croissante privé des collaborateurs qui partagent ses vues et entouré de nouveaux promus, proches de Brejnev, secrétaire général[...]

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Écrit par

  • : chef adjoint du service étranger du journal Le Monde

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Kossyguine et Sadate, 1972

Kossyguine et Sadate, 1972

Autres références

  • U.R.S.S. - Histoire

    • Écrit par Nicolas WERTH
    • 22 741 mots
    • 53 médias
    ...toutefois ni les divergences ni les conflits feutrés. Un premier ensemble de divergences semble avoir porté sur le choix des priorités économiques. Pour Kossyguine, priorité doit être donnée à l'industrie légère des biens de consommation des ménages, très inférieure aux besoins et au niveau de l'Europe...

Voir aussi