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La production d'acier brut

Au niveau mondial, l'évolution de la production d'acier est quasi semblable à celle de la consommation d'acier dans la mesure où les échanges internationaux d'acier, importations et exportations, se compensent pratiquement, à l'exception de quelques écarts statistiques.

Une industrie stratégique

La production d'acier brut a fortement bénéficié des guerres qui ont fait progresser les volumes de production, mais lors de la Seconde Guerre mondiale de nouveaux sites de production ont été développés dans des pays non belligérants, ce qui a permis de démarrer, dans ces pays, une sidérurgie qui s'est alors développée. Si dans les années d'après guerre la sidérurgie était principalement le fait des pays européens, des États-Unis, du Japon et de l'Union soviétique, de nombreux pays se sont, depuis lors, ajoutés à la liste, comme principalement la Chine, la Corée, l'Inde, le Brésil et le Taïwan. La sidérurgie a été jusqu'à récemment considérée comme une industrie stratégique. À ce titre, elle a bénéficié de politiques volontaristes d'expansion et de soutien qui ne se sont achevées, pour certains pays, qu'au début du xxie siècle.

Pour nombre d'économies en phase de développement, qu'elles soient libérales, aidées par l'État ou planifiées, le développement de la sidérurgie constituait une des bases de l'indépendance économique, ce qui explique le développement ou le maintien de sidérurgies économiquement non viables sans aides d'État (subventions), et parfois même obsolètes. Dans les anciens pays du bloc soviétique, les grands « combinats » sidérurgiques étant parfois les principaux voire les seuls pourvoyeurs d'emplois dans certaines régions, les gouvernements ont longtemps imposé de conserver ces entreprises dont les coûts se sont avérés astronomiques et sans rapport aucun avec toute considération de rentabilité économique. Toutefois, même dans les économies considérées comme étant les plus libérales, l'État a souvent été obligé de soutenir la sidérurgie lors de périodes de crises. Ce fut le cas pour la C.E.E. avec, dès 1977, la fixation de quotas de production (plan Davignon), où comme aux États-Unis avec l'intervention pour soutenir l'emploi, non pas au moyen d'aides fédérales, mais par le biais d'aides des États ou par des aides locales, et ce jusqu'à la fin du xxe siècle.

La localisation des établissements sidérurgiques

Si aujourd'hui la localisation des entreprises sidérurgiques est principalement dictée par l'utilisation finale, c'est-à-dire par les clients potentiels, par le passé elle était dictée par la disponibilité en matières premières. C'est pour cette raison que les sidérurgies anciennes étaient principalement situées à proximité des gisements de charbon alors que, de nos jours, les sidérurgies modernes sont principalement localisées en bordure de mer. En ex-U.R.S.S., la localisation des usines travaillant pour l'armement devait en outre répondre à des critères de sécurité et se trouvaient donc parfois dans des régions totalement isolées (les coûts du transport, tant des matières premières que des produits finis, n'étaient pas pris en compte à l'époque dans le système comptable soviétique), ou bien au centre ou à proximité de grandes villes, engendrant alors des problèmes majeurs de pollution.

Le développement d'une industrie que beaucoup pensaient devoir péricliter dans les années 1970 a été tiré par deux facteurs principaux. En premier lieu, les évolutions techniques qui ont permis une plus grande productivité. On peut mentionner la production en coulée continue, l'aciérie à l'oxygène, les fours à arc électrique, l'utilisation plus importante des ferrailles, ou plus récemment, la production de brames minces coulées en continu. En second lieu, les sidérurgistes ont pris conscience qu'il fallait en permanence développer de nouveaux produits plus adaptés aux besoins des utilisateurs afin de contrer les tentatives de remplacement de l'acier par d'autres matériaux. Les plastiques ont souffert des crises pétrolières et les autres matériaux ont toujours des prix significativement plus élevés que ceux de l'acier. Depuis le milieu des années 1980, les sidérurgistes ont non seulement continué de développer de nouveaux produits, des aciers de plus grande qualité, plus légers répondant mieux aux attentes des consommateurs, mais ils se sont aussi attachés à développer de nouveaux usag [...]

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Pour citer l’article

Franco MANNATO, « ACIER - Économie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/acier-economie/