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Les capacités de production d'acier brut

Quelques explications

Les capacités de production d'acier brut ont été, et restent encore, un problème. Tout d'abord, il est important de préciser que seules sont prises en compte les capacités effectives de production d'acier, c'est-à-dire des données ajustées pour tenir compte des temps de maintenance et des arrêts techniques. Ces capacités effectives sont plus réalistes que les capacités nominales, c'est-à-dire la capacité théorique maximale des installations.

Ensuite, certains grands producteurs d'acier, auxquels on reprochait de ne produire qu'à environ 75 ou 80 p. 100 de leurs capacités effectives de production d'acier, avaient pour habitude de répondre que, pour eux, la capacité nécessaire était la capacité dont ils avaient besoin pour répondre à la demande du mois le plus important de l'année. Naturellement, cette capacité à répondre au pic de production de l'année, multipliée par douze mois, ne pourra jamais donner une capacité annuelle permettant d'avoir des taux d'utilisation aussi élevés que cela serait souhaitable. En outre, au niveau mondial, certains facteurs économiques ou d'approvisionnement en matières premières ou encore des accidents survenant dans les processus de production entraînent une distorsion des taux d'utilisation des capacités.

Enfin, la construction d'une usine sidérurgique représente un investissement important qui en plus nécessite du temps, le temps nécessaire à l'étude de faisabilité, puis le temps d'obtention des autorisations, enfin le temps de construction et de mise en route. Il faut compter plusieurs années, ce qui explique pourquoi, les conditions du marché ou d'approvisionnement en matières premières ayant changé entre-temps, des usines entièrement nouvelles ne parviennent pas à fonctionner avec un taux d'utilisation correct dans certains pays en développement, venant ainsi accroître le différentiel entre capacité et production.

Un problème de surcapacités

Depuis 1973 et le premier choc pétrolier, la sidérurgie mondiale souffre d'un problème de surcapacités, problème qui n'a pas été résolu malgré plusieurs dizaines d'années d'efforts. Ces capacités excédentaires grèvent les producteurs et ont souvent limité les bénéfices de l'industrie sidérurgique.

Au niveau mondial, les capacités de production d'acier brut ont été profondément restructurées après la crise de 1974 et ensuite n'ont que peu évolué de 1985 à 1993, passant de 932,6 à 971,9 millions de tonnes par an (Mtpa). Et le taux d'utilisation de ces capacités est resté stable, passant de 75,4 p. 100 à 74,8 p. 100. Ce n'est qu'à partir de 2002 que le taux moyen d'utilisation des capacités a dépassé les 80 p. 100 pour atteindre 89,2 p. 100 en 2004, qui restera une année record pour la sidérurgie mondiale.

Les problèmes qui se sont posés et qui souvent se posent encore diffèrent selon les principaux pays et zones géographiques du monde.

Aux États-Unis, sous l'effet d'une forte diminution de la demande d'acier en 1982, le taux d'utilisation des capacités a brusquement chuté, ce qui a entraîné la nécessité d'une réduction des capacités. Les capacités de production d'acier brut ont été réduites de 20 p. 100 entre 1982 et 1988. Les sidérurgistes américains ont proclamé haut et fort qu'ils avaient opéré cette restructuration sans aucune aide gouvernementale, ce qui était sans doute vrai, mais non sans aides régionales et locales ainsi que sous la protection du chapitre XI de la loi sur les faillites. En 2006, les capacités de production d'acier américaines se montent à 108 Mtpa et le taux d'utilisation est d'environ 90 p. 100.

Dans l'Union européenne, le premier processus de restructuration avait commencé au milieu des années 1970 et ses effets sont apparus clairement à partir de 1980. Avec la chute de la consommation d'acier entraînée par la récession économique de 1993, de nouveaux excédents de capacités sont apparus. Mais cette fois, la restructuration de la sidérurgie européenne s'est effectuée dans un cadre européen, c'est-à-dire transnational. Dans un premier temps, les sidérurgies nationales qui réclamaient des aides d'état devaient en contrepartie réduire leurs capacités. Depuis lors, les capacités de production d'acier ont évolué au fil des fermetures d'installations obsolètes ou peu performantes et les ouvertures d'installations neuves, pour atteindre, en 2006, quelque 200,5 Mtpa avec un taux d'utilisat [...]

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Franco MANNATO, « ACIER - Économie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/acier-economie/