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ACIER Économie

Évolution de l'emploi dans la sidérurgie

Bien qu'il soit difficile d'obtenir des données sur l'emploi dans les quelque 110 pays producteurs d'acier, on peut affirmer que l'emploi a fortement diminué dans cette industrie.

Les restructurations et les modernisations qui ont été entreprises depuis le début des années 1970 ont profondément modifié l'industrie sidérurgique. Celle-ci nécessite désormais bien moins d'ouvriers de production, mais également moins de « cols blancs », et ce malgré la très forte augmentation des capacités de production d'acier.

Par rapport à 1974, année où l'emploi a été le plus élevé dans cette industrie, les effectifs dans la sidérurgie en 2005 avaient diminué de 69,6 p. 100 pour l'ensemble des pays de l'O.C.D.E. Ces effectifs étaient passés de 2 183 000 personnes à seulement 664 600 employés. Au sein de l'O.C.D.E., les évolutions, si elles ont été différentes dans leur amplitude, sont toutes allées dans le sens d'une forte baisse. Sur cette période, au sein de l'Union européenne des Quinze, l'emploi dans la sidérurgie a diminué de 73 p. 100, passant de 996 900 à seulement 269 600 unités. Le pays qui a réduit de manière la plus drastique l'emploi dans sa sidérurgie est celui qui avait été le berceau de la sidérurgie et, au début du xxe siècle, le premier producteur mondial, le Royaume-Uni. Les effectifs dans la sidérurgie britannique sont passés de 197 700 emplois en 1974 à seulement 19 300 en 2005, ce qui représente une baisse de 90,2 p. 100.

Dans les autres principaux pays membres de l'O.C.D.E., on notera la forte baisse de l'emploi aux États-Unis où il est passé de 609 500 unités en 1974 à 155 400 en 2005, soit une baisse de 74,5 p. 100. Au Japon, si les suppressions d'emplois ont eu lieu plus tardivement que dans les autres pays de l'O.C.D.E., elles ont représenté une diminution de 70,5 p. 100 entre 1974 et 2005, période où les effectifs sont passés de 323 900 à 95 500 unités. En Corée, la sidérurgie s'étant développée plus tard que dans les autres pays, les ajustements et donc les réductions d'effectifs n'ont eu lieu qu'à partir de 2001 mais celles-ci ont représenté 15,7 p. 100 de la main-d'œuvre, qui est passée de 65 800 emplois en 2000 à 55 500 en 2005.

L'embellie du marché de l'acier en 2004 et les records de consommation et de production atteints cette année-là n'ont, la plupart du temps, pas bénéficié à l'emploi dans la sidérurgie.

En ce qui concerne les autres grands pays producteurs d'acier, on ne dispose pas de données fiables sur l'emploi, ce qui est particulièrement vrai pour la Chine, de par la structure de sa sidérurgie. En ex-U.R.S.S., on sait que les suppressions d'emploi dans la sidérurgie entre 1988 et 2004 se sont élevées à plusieurs millions, mais ces chiffres sont également difficilement comparables à nos statistiques, dans la mesure où les données statistiques de l'U.R.S.S. comprenaient l'ensemble des personnels travaillant dans les grands « combinats », c'est-à-dire également l'ensemble des personnes qui travaillaient sur le site mais qui n'avaient rien à voir directement avec la sidérurgie, comme les employés de l'hôpital local ou des fermes qui permettaient de nourrir les ouvriers.

La sidérurgie a été à la base du développement industriel en Europe, en Amérique et au Japon au cours de la première moitié du xxe siècle et dans l'ensemble du monde au cours de la seconde moitié. Elle sera vraisemblablement à la base du développement du continent asiatique au cours de la première moitié du xxie siècle.

La sidérurgie a su s'adapter aux nouveaux besoins des industries utilisatrices et les gros efforts fournis dans le domaine de la[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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