« Que devons-nous faire de la population civile ? », demanda le commandant Rabin à Ben Gourion. « Chassez-les », répondit en substance le Premier ministre d'Israël. Nous sommes en juillet 1948 et la jeune armée juive vient de s'emparer des villes arabes de Ramleh et Lydda (l'actuelle Lod). Obéissant, Itzhak Rabin donna les ordres en conséquence : des dizaines de milliers de Palestiniens expédiés au-delà des lignes du front devinrent des « réfugiés ».
Parmi eux, un jeune garçon de treize ans : « Ils nous ordonnèrent de quitter nos maisons et de nous rassembler en certains points de la route. Ils dirent qu'ils préparaient des autobus pour nous emmener à Ramallah. Nous passâmes là trois jours au bord du chemin. » L'enfant ne s'appelle pas encore Abou Jihad, mais jamais il n'oubliera cette scène. Khalil al Wazir était né le 10 octobre 1935 à Ramleh dans une famille de petits commerçants ; réfugié à Ramallah avec les siens, il ne tarde pas à rejoindre Gaza, sous administration égyptienne.
Les premiers temps sont très durs et le jeune Khalil doit se faire marchand ambulant de confiseries. Puis il peut poursuivre ses études secondaires dans une école de l'U.N.R.W.A., l'office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Il s'engage rapidement dans l'action politique et est élu secrétaire de l'Union des étudiants palestiniens de Gaza.
C'est très jeune qu'il adhère aux Frères musulmans, très puissants à l'époque en Égypte. Il reçoit un entraînement militaire de l'organisation mais sera arrêté en 1954 par les autorités nassériennes pour sa participation à des opérations de commandos contre Israël.
À la rentrée de 1956, il s'inscrit à l'université d'Alexandrie mais n'achève pas son année et part comme enseignant en Arabie Saoudite.
Avant, il a eu le temps de faire la connaissance d'un jeune ingénieur palestinien vivant au Caire, Yasser Arafat ; ils se retrouvent à Koweït en 1957. C'est l'année suivante que les deux hommes jettent les bases de ce qui sera le Fath, le Mouvement de libération de la Pal … ]
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