Citée pour la première fois dans les sources écrites sous le nom de Wehmar, en 975, Weimar eut le statut de ville en 1253. De 1572 à 1918, capitale du duché, puis du grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach, elle présentait tous les caractères d'une tranquille résidence princière dont la population ne dépassa jamais 40 000 habitants. Elle fut, aux xviiie et xixe siècles, l'un des plus brillants foyers intellectuels de l'Allemagne : la Stadtkirche (tombeau de Lucas Cranach l'Ancien) y voit passer comme organiste Bach (1708-1717) et comme prédicateur Herder (1776-1803). Mais c'est la cour qui attire les intellectuels. Le règne de Charles-Auguste (1758-1828) représente l'âge d'or, avec les poètes de l'époque classique : Wieland, Goethe, Schiller, Herder et Jean-Paul. Sous son petit-fils Charles-Alexandre (1853-1901), Liszt, Dingesltedt, Hoffmann von Fallersleben, Nietzsche s'y distinguent. Après l'effondrement de 1918, la ville, éloignée des foyers d'agitation spartakistes et symbole prestigieux du passé culturel de l'Allemagne, abrite l'Assemblée (6 févr.-30 sept. 1919) qui aura la tâche de signer la paix et de doter la jeune République allemande […]
