Capitale du Land de Thuringe, situé dans l'ancienne République démocratique allemande et, depuis le 3 octobre 1990, de l'Allemagne réunifiée. Les versants de la vallée de la Gera étaient peuplés dès le ~ IVe millénaire. La ville (Erphesfurt) se développe à un gué (Furt) sur la Gera, doublé d'un carrefour de voies terrestres. Les rois francs y construisent un palais. Une première abbaye s'installe sur le Petersberg en 706. Boniface crée l'évêché d'Erfurt en 741 et l'établit, en face, sur le Domhügel. Toutefois, l'évêché est dissous en 752 et est rattaché à l'archevêché de Mayence. Située sur le flanc oriental du monde germanique, la ville a été un lieu actif de commerce avec l'Europe centrale et orientale. La bourgeoisie secoue l'autorité archi-épiscopale et, dès le début du xiiie siècle, prend en main les affaires de la cité. Il semble que l'émancipation soit totale vers 1255, date à laquelle le Rat (Conseil) dirige la ville. La richesse des patriciens provient largement du commerce du pastel réclamé par l'industrie textile d'alors ; le patriciat demande et obtient du pape Clément VII la création d'une université (1392), qui devient dès la fin du xve siècle un des hauts lieux de l'humanisme allemand. Luther y fait ses études de 1501 à 1504. Le déclin qui survient au xvie siècle a des causes multiples : le pastel est concurrencé par l'indigo, le morcellement politique de l'Allemagne, le déplacement vers l'ouest et l'est des grandes voies de communications. La guerre de Trente Ans porte une nouvelle atteinte aux activités urbaines, affaiblissement qui permet à l'Électeur de Mayence, par la Reduktion de 1664, de soumettre à nouveau la cité, tout en maintenant la liberté religieuse. Pour compenser le déclin du commerce du pastel, le jardinage (cultures maraîchères) et la production de semences sont développés à l'instigation du Ratsmeister C. Reichart (1685-1675). La Prusse annexe la ville en 1802, et l'université d'Erfurt est supprimée en 1816. Au cours des entrevues et des négociations qui ont lieu à Erfurt e […]
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