Littéralement, la « virtus » est la qualité propre du vir, c'est-à-dire du mâle. Aussi la première acception du mot fut-elle de désigner le courage physique dont doit faire preuve le soldat sur le champ de bataille. En ce sens, la notion de virtus entre en couple avec fortuna, la chance : courage et chance représentent les deux facteurs qui doivent concourir à la victoire. Ce sens premier n'a jamais disparu de l'usage de la langue latine et la virtus a toujours qualifié le bon combattant. C'est en ce sens que la notion fut divinisée et eut à Rome son temple aussi bien qu'Honneur et Victoire.
Sous l'influence de la pensée philosophique grecque, virtus connut une extension imprévue et désigna le courage moral nécessaire à l'homme pour accéder à la sagesse. Peut-être le passage d'un plan à l'autre fut-il facilité par une comparaison implicite de la vie politique à la vie militaire, modèle éminent de toute conduite pour un Romain : Cicéron oppose volontiers à la virtus guerrière la virtus civile, c'est-à-dire le courage dont l'orateur doit faire preuve pour soutenir et faire triompher son point de vue sans […]
