Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

THÉOLOGIE NÉGATIVE

Page précédente Page suivante

2.  De l'impossibilité de penser à l'impossibilité de parler

À la méthode aphairétique, qui est, par excellence, une méthode intellectuelle destinée à parvenir à l'intuition de la réalité intelligible, se superpose, à partir de Plotin, une autre méthode, aphairétique elle aussi, mais qui est de caractère en quelque sorte transintellectuel, et qui deviendra de plus en plus radicale chez les néoplatoniciens postérieurs et chez Damascius.

Pour Plotin, en effet, l'Être premier, la Pensée première, n'ont pas leur fondement en eux-mêmes, mais ils se fondent dans un principe qui les transcende. En soi, ce mouvement de la pensée plotinienne est conforme à celui de la pensée de Platon qui admet une Idée du Bien comme fondement de l'intelligibilité des Idées, Idée du Bien qui est au-delà de l'ousia. Mais, à la différence de Platon, Plotin s'interroge avec précision sur la possibilité que nous avons de connaître ce principe transcendant. Parce qu'il transcende l'être et la pensée, il n'est ni « être », ni « pensée ». Nous retrouvons ici la méthode aphairétique : Plotin nous dit que « si on ajoutait quelque chose (au Principe), on le diminuerait par cette addition, lui qui n'a besoin de rien. » Toute détermination et tout prédicat, ici encore, est une soustraction et une négation par rapport à la positivité transcendante. L'opération d'abstraction est donc en fait l'affirmation de cette positivité. Seulement, la situation est maintenant différente. La méthode aphairétique, qui conduisait au Dieu d'Albinus par exemple, permettait de penser un Dieu qui était lui-même Pensée. Elle permettait une intuition de son objet. Maintenant, il s'agit d'un principe qui transcende la pensée. La méthode aphairétique ne permet donc plus de penser son objet, elle ne permet même pas de le dire, elle permet seulement d'en parler. On peut parler du Bien ou de l'Un ou du principe transcendant, parce qu'il est possible par le discours rationnel de poser la nécessité, rationnelle elle aussi, d'un tel principe et de  […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« THÉOLOGIE NÉGATIVE » est également traité dans :

ABSOLU

Écrit par :  Claude BRUAIRE

Dans le chapitre "Absolu et négation"  : …  n'est que l'Inconnu absolument inconnaissable. Cette logique simple et implacable commande la *théologie négative des mystiques néoplatoniciens, accordée à la pensée indienne, et reprise d'âge en âge. Théologie critique de toute affirmation particulière de Dieu, elle réduit les dogmatiques et les symboliques religieuses à leur relativité et à… Lire la suite
ANGELUS SILESIUS JOHANNES SCHEFFLER dit (1624-1677)

Écrit par :  Eugène SUSINI

Dans le chapitre "« Le Pèlerin chérubique »"  : …  de Déité ou de Surdéité. Dieu, en effet, et Silesius suit en cela les partisans de la *théologie apophatique, ne se définit pas, ou se définit d'une manière toute négative, car toute définition est une limitation, et Dieu est tout à fait étranger ou supérieur aux qualités que nous pouvons lui prêter. Ainsi, poussant le paradoxe à l'extrême ou… Lire la suite
ANTHROPOMORPHISME

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

Dans le chapitre "Extension de la forme humaine à des domaines non humains"  : …  ne servent qu'à écarter de Dieu les imperfections propres à notre mode d'entendement. Selon cette *théologie « négative » –  pour la désigner, elle aussi, par son nom propre –, tous les noms prédicables de Dieu à partir de l'être créé, voire le nom même de l'Être, devront s'effacer devant l'altérité radicale de la cause de tout ce qui est ; sur la… Lire la suite
DENYS ou PSEUDO-DENYS L'ARÉOPAGITE (Ve-VIe s.)

Écrit par :  René ROQUES Universalis

Dans le chapitre "La divinisation"  : …  de Dieu et des réalités divines, nous savons déjà que la préférence est donnée à la *théologie négative (rapprochée du symbolisme dissemblable), dont la démarche est ascendante et qui progresse dans le sens de la contraction, de la raréfaction et, au terme, de la suppression du langage, ce qui doit permettre à l'intelligence l'union la… Lire la suite
DIEU - L'affirmation de Dieu

Écrit par :  Claude GEFFRÉ

Dans le chapitre "Le Dieu caché et le Dieu inconnu"  : …  de Dieu demeure au-delà de ce qu'on peut en connaître : il est le Dieu caché. On parlera de la *théologie négative ou apophatique pour désigner une théologie qui garde toujours ce sens de l'incompréhensibilité de Dieu. La théologie des Pères grecs est particulièrement représentative d'un tel esprit. Le théologien protestant suisse Karl… Lire la suite
ECKHART MAÎTRE (1260 env.-env. 1327)

Écrit par :  Louis COGNET

Dans le chapitre "De la déité à Dieu"  : …  dont nous ne pouvons rien affirmer, sinon qu'elle est unité. On ne peut donc en parler qu'en termes *de théologie apophatique négative, de telle sorte que même les termes d'être et de bonté, tels qu'ils sont dans le langage humain, ne sauraient lui convenir. Dieu, au contraire, c'est la déité en tant qu'elle entre en rapport. Elle s'engage… Lire la suite
GRÉGOIRE PALAMAS (1296-1359)

Écrit par :  Olivier CLÉMENT

Dans le chapitre "Une théologie de la déification"  : …  et indicible, consent à devenir participable... et invisiblement visible. » L'apophase n'est pas seulement une *théologie négative, mais, par la crucifixion des concepts et la métamorphose des passions, l'ouverture au Suressentiel qui se révèle sur la Croix, au Dieu caché par le caractère incréé de la lumière même où il se dévoile. Ainsi Palamas,… Lire la suite
JEAN DE LA CROIX (1542-1591)

Écrit par :  Louis COGNETBernard SESÉ

Dans le chapitre "Une mystique de la négation"  : …  de débutant. Seul l'état contemplatif le retient vraiment. Sa méthode est avant tout fondée sur la *négation, le refus de tout le créé, le rien, « nada ». Le Dieu absolu ne saurait avoir aucune commune mesure avec rien de créé, par conséquent, rien dans le domaine du sens aussi bien que de l'intelligence, que ce soit naturel ou surnaturel… Lire la suite
JEAN SCOT ÉRIGÈNE (810 env.-env. 877)

Écrit par :  René ROQUES

Dans le chapitre "Théophanies et divinisation"  : …  norme. La seule fin possible du νο̃υς est, en effet, de retrouver Dieu en se retrouvant lui-même. *Il y parviendra, comme chez le pseudo-Denys, par une démarche essentiellement négative qui le fera critiquer et rejeter tous les noms de Dieu. Plus systématique et plus radical que Denys, Jean Scot applique ce traitement à chacune des catégories d'… Lire la suite
NÉANT

Écrit par :  Jean LEFRANC

Dans le chapitre "« L'être et le néant sont la même chose »"  : …  il y a de réel en toute réalité » et à la fois « l'être le plus réel de tous », c'est-à-dire Dieu. *Quoi qu'il en soit de l'interprétation heideggérienne, du moins est-il certain que la théologie hégélienne ne peut pas être confondue avec une théologie négative. Dieu n'est pas au-delà de l'être. La négativité hégélienne ne justifie pas, bien au… Lire la suite
ORTHODOXE ÉGLISE

Écrit par :  Olivier CLÉMENTBernard DUPUYJean GOUILLARD

Dans le chapitre "L'antinomie apophatique et la distinction de l'essence et des énergies"  : …  déification réelle se réalise dans une approche apophatique du mystère. L'apophase est d'abord une *théologie négative qui nie toute limitation conceptuelle au sujet de Dieu. Dieu n'est pas la clé de voûte d'un système de valeurs ou de concepts, il n'est ni l'être suprême, un « étant » au sommet des « étants », ni l'essence intelligible, ni même « … Lire la suite
PROCLUS (412-485)

Écrit par :  Jean TROUILLARD

Dans le chapitre "Esquisse doctrinale"  : …  la simplicité pure, comme le répétera le Sophiste (245 b). On est ici à l'origine de la *théologie négative et du non-savoir des mystiques, devant la nécessaire ineffabilité de l'absolu. Dans un sens opposé (cinquième hypothèse), l'un n'est pas assez un pour être affirmable, car, s'il est privé de toute détermination et de toute… Lire la suite
SUSO (entre 1296 et 1302-1366)

Écrit par :  Maurice de GANDILLAC

…  déformations quiétistes. Béatifié seulement en 1831, Suso se rattache à la tradition de la *théologie négative et annonce la « docte ignorance » de Nicolas de Cues ; souvent, il invite à dépasser la logique classique de la non-contradiction, notamment à propos du thème, cher aux mystiques rhénans, de l'unité avec le néant divin.  … Lire la suite
UN PHILOSOPHIES DE L'

Écrit par :  Jean TROUILLARD

Dans le chapitre "Le problème de l'un et du multiple"  : …  pour la retrancher, l'univers serait la négation de l'un et donc toujours visé à travers l'un. *Et si nous nous portions vers l'autre extrême, celui de la théologie négative, et exigions un Dieu tellement ineffable qu'il serait au-delà de l'unité même, il faudrait également traverser l'unité, mais pour la dépasser par excès, au lieu de nous… Lire la suite

Afficher la liste complète (14 références)

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média