2. Fonctionnement du système tonal
Pour que fonctionne ce système tonal, il importe tout d'abord de voir que, dans sa pureté et dans son intégrité premières, il est diatonique. Ce qui signifie qu'il n'utilise, au sein d'une tonalité déterminée, qu'une gamme diatonique de sept sons sélectionnés à partir d'une gamme chromatique de douze sons. Une pièce de musique classique écrite tout entière dans une seule tonalité utilise ces sept sons, et rien qu'eux, dans tout ce qui concerne ses structures profondes. Si elle utilise aussi les cinq autres, ils n'y jouent pas un rôle organique, ils y figurent seulement comme notes de passage, retards ou appoggiatures.
L'armature de la pièce repose sur la hiérarchie qui a été définie plus haut et sur les tensions et attractions qui se produisent au sein des agrégations harmoniques. En fait, il est extrêmement rare qu'une pièce de musique classique demeure d'un bout à l'autre dans la même tonalité. Elle adopte une tonalité principale, souvent affirmée dans le titre même (symphonie en ut mineur), mais fait des incursions plus ou moins prolongées dans des tonalités différentes et plus ou moins lointaines.
Le passage d'une tonalité dans une autre se fait par un artifice technique appelé modulation. Il existe des façons extrêmement simples de moduler, par exemple par l'intermédiaire de l'accord de septième de dominante du ton où l'on veut se rendre, surtout s'il s'agit d'un ton voisin. Deux tons sont voisins quand ils ont un maximum de sons en commun. Par exemple le ton de sol majeur contient toutes les notes de do majeur, sauf le fa qui est altéré par un dièse ; le ton de fa majeur, toutes les notes de do majeur, sauf le si qui est altéré par un bémol. Le ton mineur relatif est également par excellence le ton voisin de toute tonalité majeure et vice versa.
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



