La métaphore architecturale occupe une place relativement insoupçonnée dans l'archéologie de la pensée structurale qu'elle aura fournie de modèles le plus souvent mécanistes, fondés sur la distinction, héritée de Viollet-le-Duc, entre la structure et la forme. La notion d'ordre, telle que l'impose la théorie classique, et dans la formulation nouvelle que suggèrent les développements les plus récents de l'art de bâtir, devrait au contraire permettre d'échapper à une telle dichotomie, la théorie de l'architecture n'ayant pour sa part qu'à gagner du progrès de la pensée structurale et de son approfondissement.
1. Pour une archéologie de l'idée de structure
La question de la structure vaut d'autant plus d'être posée en matière d'art que le mot lui-même dérive, sinon de cette matière, au moins du matériau que met en œuvre l'art structural par excellence, l'architecture. Structure désigne chez Vitruve une maçonnerie de briques ou de moellons noyés dans un mortier. C'est dire que, s'il a eu d'emblée une connotation constructive, le terme n'impliquait pas à l'origine la notion d'une organisation d'unités qui s'opposeraient et se délimiteraient mutuellement, et moins encore celle d'un système réglé de dépendances internes, mais seulement celle d'une concaténation plus ou moins amorphe d'éléments mal différenciés. C'est encore en ce sens que la linguistique présaussurienne – comme Ferdinand de Saussure l'observait lui-même – usait des termes « structure » et « construction » pour rendre compte de la formation des mots, et d'abord de la lente « cimentation » d'éléments qui aboutit à une synthèse où s'effacent les unités originelles. Une archéologie de l'idée de structure aurait à établir à quel moment, dans quel contexte (celui-là que signale la traduction du traité d'architecture de Vitruve en langue anglaise, par James Leoni, en 1726) le mot en est venu à désigner non plus une masse de maçonnerie inerte, mais la bâtisse elle-même, considérée dans son ordre propre, celui d'une construction obéissant à des […]
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