3. Primauté du texte
Dans la soul, le texte et le chanteur ou la chanteuse sont généralement bien plus importants que la partie musicale proprement dite. Car, si auparavant, dans le blues, le jazz ou le rhythm and blues, on trouvait de très nombreux solos instrumentaux, ceux-ci seront rares dans la soul. Et même lorsque celle-ci est de nature uniquement instrumentale (Booker T & The MG's, The Mar-Kays ou les JB's de James Brown), c'est la section rythmique qui est dominante, le morceau entier étant souvent la répétition à l'infini d'un seul riff. Les textes de la soul, s'ils traitent bien sûr la plupart du temps des relations amoureuses, le font généralement en tenant compte d'un fort contenu social, avec aussi un message moral vigoureux, là encore dans la grande tradition du gospel. Don Covay, Bobby Womack, Curtis Mayfield, Sol Marcus et le guitariste Steve Cropper sont quelques-uns de ces compositeurs qui ont forgé les succès de la soul.
Cependant, entre 1975 et 1979, la soul elle-même ne semble plus en phase avec les aspirations de la société noire américaine qui, grâce notamment aux effets de la politique de l'affirmative action, aura davantage changé en dix ans que dans le demi-siècle précédent. La musique noire suit évidemment ces changements et se mue en différents courants successifs comme le disco, la break dance, le funky, le smurf, la house, la dance music et, bien entendu, le rap et le hip hop. À peu d’exceptions près, comme James Brown, les grands noms de la soul disparaissent des ondes et se replient sur une clientèle locale, souvent sudiste, et n'enregistrent plus que pour de petits labels indépendants (La Jam, Malaco, Ichiban...). Le Sud restera fidèle à ce qu'on appelle aujourd'hui soul blues.
On assiste cependant – en Europe, en Asie et, de plus en plus, aux États-Unis même – à un regain d'intérêt pour la soul originelle, qui permet à des vétérans comme Otis Clay, Solomon Burke ou Irma Thomas de retrouver les chemins des studios et de figurer sur les scènes du monde entier.
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