Située dans le nord-est de l'Afrique, la république du Soudan était, jusqu'à sa partition en deux États indépendants en juillet 2011, le plus vaste État du continent (2 505 813 km2, soit 1,7 p. 100 de la surface des terres émergées). Tantôt désertique (nord, nord-est et ouest), tantôt couvert d'une végétation luxuriante (sud), ou ayant un climat continental tropical (centre), cet immense pays a tissé de nombreux liens avec ses neuf voisins, notamment à cause des migrations de travail et des guerres qui ont déplacé des populations d'un côté ou de l'autre des frontières. Ainsi, le pays a-t-il souvent servi de terre d'asile, vocation à laquelle le destinait l'importante route africaine du pèlerinage musulman vers La Mecque et de commerce transsaharien. Ces migrants ont également joué un rôle essentiel dans le développement agricole du pays et dans la construction de réseaux commerciaux entre Afrique et péninsule arabique.
Indépendant depuis le 1er janvier 1956, l'État soudanais devait faire face à des défis importants légués par la période coloniale. L'étendue du territoire et la rareté des infrastructures rendaient difficile l'intégration nationale, même si l'appartenance à l'Islam et l'usage de l'arabe auguraient une relative homogénéité culturelle dans la partie la plus développée du pays, au nord. Cependant, la gestion coloniale – différente au nord et au sud du Soudan – rendait plus problématique encore la coexistence, au sein d'un même État, de populations divisées par la langue, la religion (le Sud est pour l'essentiel animiste avec une minorité chrétienne), des histoires politiques diverses et des clivages culturels marqués par la traite. Une guerre civile sanglante de 1956 à 1972 minait le développement du pays. La paix ne fut qu'une courte parenthèse puisque les hostilités reprenaient en 1983 et ne s'achevaient qu'en 2005 avec la signature d'accords qui rendaient possible la sécession du Sud au terme d'un référendum d'autodétermination tenu en janvier 2011.
L'histoire politique soudanaise ne se lim […]
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