3. Le législateur
L'action de Soliman le Magnifique n'a pas été moindre en politique intérieure, et son surnom de « Législateur » est mérité, car durant son règne il promulgua un grand nombre de règlements visant à organiser ou à améliorer l'administration des provinces, et notamment des provinces récemment conquises : l'étendue même de l'Empire réclamait une remise en ordre de l'administration, un contrôle de son action, en particulier dans le domaine financier ; il fallait aussi recruter et entretenir l'armée et la marine, veiller à la sécurité des populations, assurer à celles-ci de bonnes conditions de vie et de travail, d'où la multitude de ces règlements, établis à partir des coutumes et traditions locales et des lois musulmanes en vigueur chez les Ottomans.
Soliman a été un souverain autoritaire, contrôlant de près ses grands vizirs, qui furent tous des hommes remarquables mais n'en subirent pas moins parfois les foudres du sultan. Il ne toléra pas, chez ses fils, la moindre velléité d'indépendance : deux d'entre eux, Moustafa et Bayézid, coupables de rébellion, furent exécutés ; le second servit de héros à Racine pour l'une de ses tragédies (Bajazet). Peut-être cette rigueur de Soliman a-t-elle été encouragée par son épouse Khourrem Sultane, connue par les Occidentaux sous le nom de Roxelane ; d'origine slave, elle a exercé une grande influence sur le sultan et s'est employée à ce que son fils, Sélim (Sélim II), puisse accéder au trône.
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