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SALONS, livre de Charles Baudelaire

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3.  Le Salon de 1859

Après ce sommet, où le Salon est davantage le support de la réflexion que l'objet précis du texte, Baudelaire abandonne le genre pour plus de dix ans. Certes, il donne de loin en loin des articles critiques, et fait en 1855 pour le journal Le Pays un début de compte rendu de la section des Beaux-Arts à l'Exposition universelle, réduit à une introduction (« Méthodes de critique. De l'idée moderne du progrès appliquée aux Beaux-Arts. Déplacement de la vitalité ») et à deux chapitres respectivement consacrés à Ingres et à Delacroix. 

C'est après un séjour à Honfleur, au début de 1859, où il composa la plupart des grands poèmes intégrés à la seconde édition des Fleurs du mal, donc dans une période d'intense création et d'écriture, qu'il visita le Salon à son retour à Paris. Il publia cette fois son texte d'abord dans un périodique peu connu, la Revue française, qui cessa de paraître avec le numéro contenant la dernière partie de son Salon, celui-ci n'étant repris en volume, dans ses Curiosités esthétiques, qu'après sa mort, en 1868. Il lui donnait pourtant une très grande importance au sein de son œuvre critique. Composé sous forme de lettres adressées au directeur de la Revue française, artifice courant à l'époque, le Salon de 1859 reprend la méthode du Salon de 1846, en traitant de l'exposition au travers de chapitres généraux. Il revient ainsi sur « L'Artiste moderne » (i), aborde ensuite la question de la photographie et du « public moderne » (ii), puis celle de l'imagination (iii, « La Reine des facultés » et iv, « Le Gouvernement de l'imagination »). Les œuvres présentées sont ensuite analysées avec plus de précision, mais toujours sous l'angle de l'illustration d'un développement général, ainsi dans les chapitres v et vi « Religion, histoire, fantaisie » précédant vii, « Le Portrait », viii, « Le Paysage » et ix, la « Sculpture ». La véritable conclusion est néanmoins à chercher ailleurs, dans deux études datant de 1863 : Le Peintre de la vie moderne, étude consacrée à Constantin Guys et La Vie et l'œuvre d'Eugène Delacroix, deux artistes qui ont donné en peinture l'équivalent de ce que lui-même recherchait dans l'écriture. Au-delà de l'actualité immédiate dont il rend compte c'est la quête constante d'un artiste dont la peinture correspond à ce que lui-même, Baudelaire, cherche à exprimer dans l'écriture, qui parcourt ces trois Salons.

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