Premier peuple germanique à s'être établi dans l'Empire romain d'Orient en bénéficiant du statut de « fédérés », c'est-à-dire d'alliés militaires, les Wisigoths ne tardèrent pas à violer les traités et, le 9 août 378, ils battirent l'armée impériale à Andrinople, où l'empereur Valens lui-même périt. Ils ravagèrent alors les Balkans, avant que l'empereur d'Orient Arcadius ne parvienne enfin à les détourner vers l'Italie en 408. Après l'échec de deux sièges, en 408 et en 409, Alaric, roi des Wisigoths, entreprend le blocus de Rome et parvient à pénétrer dans la ville sans combattre, le 24 août 410. Il semble que la reddition de Rome fut négociée. En tout cas, elle fut assortie d'un sac en règle limité à trois jours (jusqu'au 27 août), ce qu'Alaric parvint à faire respecter par ses troupes, de même que le droit d'asile dans la basilique Saint-Pierre et ses dépendances. Nombre de Romains furent néanmoins tués ou réduits en esclavage jusqu'au paiement d'une rançon. L'écho du sac de la Ville éternelle parvint dans tout le monde romain et chrétien et fut considéré comme un signe annonciateur de la fin des temps. Pourtant Rome devait connaître bien d'autres sacs, par Genséric et les Vandales, en 455, et par les Impériaux de Charles Quint, en 1527.
Patrick PÉRIN
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