Le mot hébraïque que l'on traduit par « reste » (shear ou sheêrit) a pris très tôt dans l'histoire biblique un sens théologique précis qui n'a cessé de s'accentuer. On le trouve dans l'expression fréquente « reste d'Israël » (Isaïe, Jérémie, Michée, Sophonie), mais aussi dans « reste de Jacob » (Michée), « reste de Joseph » (Amos) et « reste de Juda » (Jérémie). Il désigne le groupe minoritaire qui, ayant échappé au jugement destructeur, représentera réellement la communauté élue d'Israël lors de l'acte décisif de rétribution.
Le thème du reste se rencontre déjà à la fin du récit du Déluge (Genèse, vii, 23 : « Il ne resta que Noé et ce qui était avec lui dans l'arche »). Les critiques d'Amos (iii, 12 et v, 15) à l'égard d'une foi trop optimiste en un reste laissent entendre qu'il cheminait déjà, avec un sens technique, avant l'ère prophétique. C'est avec celle-ci qu'il reçut sa teneur définitive. Dans Jérémie (l, 20 : « Car je pardonnerai au reste que je laisse ») et Sophonie (iii, 12-13 : « Et c'est dans le nom de Yahvé que cherchera refuge le reste d'Israël »), il est dit nettement que Dieu se réservera un re […]
