3. La notion d'espèce en minéralogie
Ayant découvert les lois essentielles régissant la structure des cristaux, Haüy songea très naturellement à les utiliser pour bâtir une classification logique des minéraux. Il fut ainsi amené à définir « l'espèce minéralogique comme une collection de corps dont les molécules intégrantes sont semblables par leurs formes et composés des mêmes principes unis entre eux dans le même rapport ». On voit ainsi, pour la première fois exprimée, la double exigence d'identité chimique et d'identité cristallographique qui doit caractériser une espèce minérale. Les idées de polymorphisme et d'isomorphisme, qui ne devaient être exploitées que plus tard, sont déjà en germe dans une définition d'Haüy.
Victime de l'ostracisme de la Restauration, Haüy acheva dans la gêne matérielle les travaux nécessaires à son grand Traité de cristallographie, et il mourut le 1er juin 1822, au moment même de sa publication.
En définitive, si l'apport d'Haüy à la connaissance de la matière est considérable, plus remarquable peut-être encore est l'exploitation extraordinairement lucide et féconde que ce savant a su faire d'une découverte initiale fondée sur un phénomène d'observation courante : le clivage des cristaux.
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