L'architecte néerlandais Rem Koolhaas et son Office for Metropolitan Architecture (O.M.A.) ont développé une pensée architecturale particulièrement polémique qui entend apporter des réponses aux questions suscitées par le règne des grandes métropoles indifférenciées.
1. Projets et réalisations
Né à Rotterdam en 1944, Rem Koolhaas est d'abord journaliste au Haagse Post et scénariste. Il s'inscrit de 1968 à 1972 à l'Architectural Association School de Londres, vivier de l'avant-garde internationale. Bénéficiaire d'une bourse d'études pour les États-Unis, il séjourne à la Cornell University puis à l'I.A.U.S. de Peter Eisenman à New York. Il travaille avec sa femme Madelon Vriesendrop, avec Elia et Zoé Zenghelis, avec lesquels il fonde l'O.M.A. en 1975.
De nombreux projets théoriques établissent sa notoriété au cours des années 1970 : « Le Mur de Berlin comme architecture » (1970), « Exodus ou les prisonniers volontaires de l'architecture » – une méditation sur l'enfermement – (1972), « La ville du globe captif » (1972), un projet de maison à Miami avec Laurinda Spear qui rejoindra plus tard le groupe Arquitectonica (1974), « L'hôtel-sphinx » (1975-1976), « La New Welfare Island » (1975-1976), « La légende de la piscine » (1977), un projet de rénovation d'une prison panoptique à Arnhem inspiré des écrits de Michel Foucault (1979-1980), etc. Certains emprunts à Sade et au surréalisme (via le collage sur le mode du cadavre exquis, le recours à la méthode dite « paranoïa critique ») y côtoient les références à Nietzsche.
Paru en 1978, son livre New York délire est dédié à Manhattan, « capitale de la crise permanente ». Il est présenté comme le manifeste « rétroactif » d'un processus urbanistique « sans retenue » qui a toujours « inspiré à ses spectateurs une extase » et qui, néanmoins, aurait été occulté par la pensée architecturale. Koolhaas y annonce un « plan pour une culture de la congestion » qu'il tentera de mettre en œuvre.
De retour à Rotterdam vers 1980, Koolhaas produit, en pleine période postmodern […]
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