Humaniste français qui entreprit dans la science du temps de la Réforme une critique analogue à celle de Luther et de Calvin dans l'ordre religieux. Né à Cuth, dans le Vermandois, Ramus appartient à une famille très modeste ; son père est laboureur et son grand-père charbonnier. À huit ans, il fait seul à pied le voyage de Paris ; il y revient à douze ans pour suivre les cours du collège de Navarre en devenant le domestique d'un riche écolier : il sert son maître le jour et étudie la nuit. Pendant trois ans et demi, il suit les cours de philosophie de Jean Hennuyer, mais cet enseignement le déconcerte : alors, à la lumière de Xénophon et de Platon, il se met à « socratiser », cherchant la vérité par sa propre raison. À vingt et un ans, il devient maître ès arts en soutenant la thèse « que tout ce qu'avait écrit Aristote n'était que fausseté » : son talent désarme ses juges aristotéliciens. Il débute au collège du Mans, puis, avec ses amis Omer Talon et Barthélemy Alexandre, il ouvre au petit collège de l'Ave Maria des cours publics où on lit des auteurs grecs et latins, où l'éloquence n'est pas séparée de la philosophie ; la foule y accourt. Ramus entreprend alors une révision c […]
