Les procès politiques qui se sont déroulés dans les démocraties populaires de l'Europe de l'Est prennent leur origine dans le tournant de la guerre froide qui poussa Staline à intégrer celles-ci plus complètement à l'Union soviétique. On y passe de l'expérience nationaliste et gradualiste à la « dictature du prolétariat » en adoptant la thèse stalinienne de l'exacerbation de la lutte de classes dans la période de transition vers le socialisme, après la prise du pouvoir par le parti. À cela vient s'ajouter une autre thèse selon laquelle l'ennemi principal est dans le parti. La conclusion pratique est le primat du parti sur l'État ; de la section des cadres et de la sécurité sur les autres instances du parti ; enfin de la police soviétique sur les polices nationales.
Le détonateur du déclenchement des procès en série fut l'affaire yougoslave. À partir du 28 juin 1948, Tito et le « titisme » représentèrent pour le Kominform l'ennemi à abattre. Il fallait trouver des « Tito » dans les autres partis pour justifier l'état de siège et la pénurie. Ce fut donc la chasse aux communistes nationaux, reflétant en fait le besoin pour les « numéros un » de chaque pays, maintenus dans leu […]
