Par une distinction sociale et politique plutôt que littéraire, on nomme poètes cavaliers, au milieu du xviie siècle, les poètes profanes, antipuritains, qui ont appartenu au parti royaliste. Successeurs de Ben Jonson, ils tirent de lui des exemples de sobriété et de régularité qui préparent le classicisme ; ils continuent aussi la tradition pétrarquiste et élisabéthaine par leur goût de la musique mariée à la poésie, mais en y mêlant quelque chose de l'ingénieuse dialectique « métaphysique » qu'avait pratiquée, avec plus de contention, leur grand chef de file, John Donne (1572-1631).
C'est précisément à celui-ci que Thomas Carew (1598-1638) a consacré une admirable élégie dont l'émotion et la profondeur critique font contraste avec le libertinage de son poème A Rapture et la frivolité élégante de ses madrigaux.
Sir John Suckling (1609-1642), grand joueur et beau galant, modèle du courtisan connaisseur en musique, en peinture et en poésie, n'est pas incapable de sérieux comme le révèle son savant traité An Account of Religion by Reason, mais se complaît dans des improvisations désinvoltes (Ballad upon a Wedding), dans un […]
