Encore appelée saturnisme, l'intoxication au plomb résulte de l'accumulation de ce dernier dans les tissus humains, à la suite de l'exposition répétée aux objets ou aux aliments contenant ce métal.
À la maison, il s'agit des peintures recelant du plomb et de l'eau de boisson ayant séjourné dans des canalisations en plomb. Les enfants sont plus exposés à l'intoxication par des peintures car ils peuvent avaler des écailles tombées des murs ou mâchonner des jouets peints. Les industries dans lesquelles, selon l'évolution de la réglementation, l'exposition au plomb est ou a été possible sous forme de matériaux solides, de poussières ou de vapeurs sont notamment les industries pétrolières, les mines et fonderies, l'imprimerie, la peinture, la fabrication de céramiques et de verres. D'autres sources de contamination sont les insecticides répandus sur les fruits ou légumes. Enfin, l'exposition à des gaz d'échappement provenant de véhicules qui utilisent un carburant contenant du plomb tétraéthyle est aussi une source d'intoxication.
La sensibilité individuelle à l'empoisonnement par le plomb varie grandement. La symptomatologie aussi : l'altération de la santé peut être progressive ou se manifester soudainement dans un contexte de chronicité.
Le poison affecte tous les organes, plus spécialement le tissu nerveux, le tractus gastro-intestinal et les tissus générateurs des cellules sanguines. Les personnes atteintes sont pâles, souffreteuses, irritables et peuvent se plaindre de saveurs métalliques dans la bouche. Les fonctions digestives sont touchées, l'appétit faiblit et de très violentes douleurs abdominales peuvent se produire, avec spasmes musculaires et constipation : ce sont les « coliques de plomb ». Une ligne noire (ligne de plomb) peut apparaître au bord des gencives. L'anémie est fréquente. Plus tard, maux de tête, confusion, troubles visuels se manifestent. L'atteinte des nerfs périphériques entraîne une paralysie affectant d'abord les doigts, la main et le poignet. Chez les enfants, le cerveau lui-même est parfois touché, de façon éventuellement irréversible par exemple avec cécité et surdité, voire convulsions et coma mortel. Ces accidents sont, chez l'adulte, la conséquence d'une contamination massive.
Le plomb des tissus peut être chassé progressivement par des substances telles que les sels de calcium de l'éthylène-diamine, l'acide tétra-acétique, et la pénicillamine. Un traitement au long cours sera souvent nécessaire, mais la guérison est habituellement complète, sauf en cas de dommages cérébraux profonds. Jusqu'au milieu du xxe siècle, de tels dommages cérébraux entraînaient la mort dans près de 25 p. 100 des cas, et une détérioration mentale persistait chez la moitié des survivants.
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